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Grève des Transporteurs en Algérie : Le Ministère Ouvre le Dialogue sur le Code de la Route

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Depuis le début de l’année 2026, l’Algérie fait face à une mobilisation majeure dans le secteur des transports. La grève des transporteurs en Algérie, déclenchée de manière illimitée, met en lumière les tensions accumulées autour des conditions de travail et des réglementations routières. Ce mouvement, qui touche à la fois le transport de passagers et de marchandises, a rapidement paralysé plusieurs wilayas, forçant les autorités à réagir promptement. Alors que les stations de bus et les gares se vident, et que les files d’attente s’allongent aux pompes à essence, le ministère concerné a ouvert la porte à des discussions pour désamorcer la crise.

Cette grève des transporteurs en Algérie n’est pas un événement isolé, mais le résultat d’une série de mesures perçues comme défavorables par les professionnels du secteur. Adopté fin décembre 2025 par l’Assemblée populaire nationale (APN), le nouveau code de la route introduit des sanctions plus sévères, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 15 000 DA pour les infractions les plus graves. Ces changements, visant à renforcer la sécurité routière, sont critiqués pour leur manque d’adaptation aux réalités du terrain, notamment l’état des infrastructures et la responsabilité accrue imposée aux conducteurs.

Les Causes Profondes de la Grève des Transporteurs en Algérie

Au cœur de cette grève des transporteurs en Algérie se trouvent plusieurs facteurs déclencheurs. D’abord, la hausse inattendue des prix du carburant, effective dès le 1er janvier 2026. Le gasoil, essentiel pour les camions et bus, est passé de 29,1 DA à 31 DA par litre, tandis que l’essence sans plomb atteint désormais 47 DA et le GPL-c 12 DA. Cette augmentation, bien que modeste en apparence, représente un fardeau supplémentaire pour des opérateurs déjà fragilisés par les coûts opérationnels élevés et les marges bénéficiaires minces.

Ensuite, le nouveau code de la route joue un rôle central. Ce texte législatif, divisé en quatre niveaux d’infractions avec des pénalités allant de 4 000 à 15 000 DA, transfère l’entière responsabilité légale sur les épaules des conducteurs. Les syndicats estiment que ces dispositions sont trop répressives et ne tiennent pas compte des défis quotidiens, comme les routes dégradées ou le manque d’équipements de sécurité. Pour les transporteurs, cela équivaut à une menace directe sur leur viabilité économique, car les amendes pourraient rapidement mener à des faillites ou à des suspensions d’activité.

Historiquement, le secteur des transports en Algérie a connu des mouvements similaires, souvent liés à des réformes économiques ou à des ajustements tarifaires. Par exemple, des grèves passées ont été motivées par des questions de subventions au carburant ou de concurrence déloyale. Cette fois, la combinaison de la hausse des prix et du code de la route amplifie les revendications, transformant une protestation locale en un mouvement national.

Les Impacts Économiques et Sociaux de la Mobilisation

Les conséquences de cette grève des transporteurs en Algérie se font sentir à tous les niveaux de la société. Dans les grandes villes comme Alger, Oran ou Constantine, les gares routières et ferroviaires sont désertées, laissant des milliers de voyageurs sans options viables. Les taxis collectifs, habituellement bondés, restent immobilisés, forçant les citoyens à recourir à des solutions alternatives comme le covoiturage ou les transports informels, qui posent des risques de sécurité.

Sur le plan du fret, l’arrêt des camions perturbe les chaînes d’approvisionnement. Les marchés alimentaires risquent des ruptures de stock, particulièrement pour les produits périssables comme les fruits et légumes. De plus, l’implication des transporteurs de carburant a généré des queues inhabituelles aux stations-service, alimentant des craintes de pénuries généralisées. Si la grève se prolonge, elle pourrait affecter l’économie nationale, avec des pertes estimées en millions de dinars par jour en termes de productivité et de revenus fiscaux.

Socialement, ce mouvement coïncide avec la rentrée scolaire prévue pour le 4 janvier 2026. Des familles entières se trouvent dans l’incertitude, incapables de transporter leurs enfants vers les établissements éducatifs. Dans les zones rurales, où les transports publics sont déjà limités, la grève accentue l’isolement, impactant l’accès aux soins médicaux et aux services essentiels. Des experts en économie soulignent que de telles disruptions pourraient aggraver les inégalités, touchant davantage les classes moyennes et populaires qui dépendent heavily des transports abordables.

La Réponse du Gouvernement et l’Ouverture au Dialogue

Face à cette situation critique, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, dirigé par Saïd Sayoud, a réagi rapidement. Une réunion d’urgence s’est tenue le 2 janvier 2026, présidée par le secrétaire général du ministère. Lors de cette session, les autorités ont reconnu que le code de la route est encore en phase d’enrichissement, signifiant qu’il reste ouvert aux contributions des partenaires sociaux. Cette approche vise à intégrer les préoccupations des transporteurs pour rendre le texte plus équilibré.

Parallèlement, des discussions ont été lancées sur les tarifs de transport. L’objectif est de trouver un équilibre entre la rentabilité des entreprises du secteur et l’accessibilité pour les usagers. Des propositions pourraient inclure des ajustements temporaires aux prix des billets ou des aides ciblées pour compenser la hausse du carburant. Bien que aucune résolution définitive n’ait été annoncée, ces initiatives marquent un pas vers la dé-escalade, évitant une confrontation plus dure.

Les Positions des Syndicats et les Appels à la Modération

Les organisations syndicales jouent un rôle pivotal dans cette crise. L’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) ont appelé à la retenue, insistant sur l’importance du dialogue pour préserver les droits des travailleurs et la stabilité nationale. Ils soulignent que des actions radicales pourraient nuire à l’économie globale, tout en défendant les légitimes revendications des transporteurs.

De son côté, le Syndicat national des transporteurs de taxis (SNTT) a exhorté ses membres à maintenir un service minimum, particulièrement en vue de la reprise des classes. Cette position pragmatique vise à minimiser les impacts sur la population tout en maintenant la pression sur les autorités. Des observateurs notent que ces syndicats, forts de leur expérience dans les négociations passées, pourraient faciliter un accord rapide si les discussions avancent.

Au-delà de cette grève immédiate, ce mouvement soulève des questions plus larges sur la gouvernance du secteur des transports en Algérie. Des investissements dans les infrastructures, une meilleure formation des conducteurs et une concertation accrue avec les acteurs de terrain pourraient prévenir de futures crises. Tandis que les négociations se poursuivent, l’espoir réside dans une résolution qui bénéficie à tous, transporteurs comme usagers, pour relancer une mobilité fluide et sécurisée à travers le pays.