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L’Euro poursuit sa flambée sur le marché Algérien

Le dinar algérien continue de perdre du terrain face à l’euro sur le marché parallèle. Au Square Port-Saïd d’Alger, véritable épicentre du change informel, un euro s’échange actuellement entre 280 et 282 dinars à l’achat, et autour de 278-280 dinars à la vente. Ce niveau, maintenu depuis plusieurs semaines, marque un record historique pour la devise européenne en Algérie.

titre de comparaison, le taux officiel affiché par la Banque d’Algérie oscille autour de 153 dinars pour un euro (cotation du 6 février 2026). L’écart entre les deux marchés dépasse ainsi les 80 %, un phénomène structurel qui s’est accentué ces derniers mois.

Une tendance qui s’installe depuis plusieurs mois

Depuis le début de l’année 2026, l’euro n’a cessé de gagner du terrain sur le marché noir. Après une légère accalmie fin 2025, la monnaie européenne a repris sa progression dès janvier, franchissant la barre symbolique des 280 dinars début février. Cette flambée n’est pas isolée : elle s’inscrit dans un mouvement plus large observé depuis 2023-2024, où le dinar a perdu régulièrement de sa valeur face aux principales devises.

Les cotations varient légèrement selon les wilayas et la liquidité disponible, mais le Square Port-Saïd reste la référence nationale. À Oran, Constantine ou Annaba, les écarts peuvent atteindre 5 à 10 dinars, selon l’offre locale.

Quelles sont les raisons de cette hausse persistante ?

Plusieurs facteurs expliquent cette pression continue sur le dinar :

1. Demande élevée liée aux voyages et à la saison Omra : Les Algériens qui préparent des déplacements à l’étranger (tourisme, soins médicaux, Omra ou Hajj) se tournent massivement vers le marché parallèle, faute d’accès suffisant au change officiel.

2. Importations de véhicules et biens de consommation : L’importation de voitures neuves ou d’occasion par les particuliers, ainsi que le commerce de cabas (importations limitées mais régulières), créent une demande structurelle en euros.

3. Étudiants et transferts à l’étranger : Les familles qui financent des études universitaires hors d’Algérie alimentent régulièrement le besoin en devises européennes.

4. Restrictions sur le marché officiel : Malgré les facilités annoncées ces dernières années, l’accès légal aux devises reste encadré, poussant une partie importante de la demande vers le circuit informel.

5. Dynamique saisonnière et offre limitée : Le retour de la diaspora après les fêtes ou les vacances réduit parfois l’offre de devises, accentuant la hausse lorsque la demande reste forte.

Des conséquences concrètes pour les Algériens

Cette situation impacte directement plusieurs secteurs :

  • Les importateurs paient plus cher leurs approvisionnements européens, ce qui se répercute souvent sur les prix finaux des produits (électroménager, pièces détachées, médicaments…).
  • Les voyageurs et les familles qui envoient de l’argent à l’étranger voient leur pouvoir d’achat diminuer.
  • Le marché parallèle devient un acteur incontournable de l’économie quotidienne, au point que certains opérateurs économiques le considèrent comme un « baromètre réel » de la valeur du dinar.

Le différentiel massif entre taux officiel et taux parallèle révèle également les limites d’un système de change administré face à une demande réelle plus importante.

L’euro reste donc, pour l’heure, sur une dynamique haussière sur le marché informel algérien. Les cambistes et les observateurs suivent de près l’évolution des prochains jours, particulièrement sensible aux flux de devises liés aux importations et aux périodes de voyage. Une tendance qui continue de marquer la réalité monétaire du pays.