Dans un contexte marqué par des relations diplomatiques tendues entre la France et l’Algérie, Ségolène Royal est attendue à Alger ce lundi 26 janvier 2026. Cette arrivée de l’ancienne ministre française, désormais à la tête de l’Association France-Algérie, suscite un vif intérêt. Malgré les frictions persistantes depuis l’été 2024, cette mission se concentre sur le renforcement des liens économiques et associatifs, illustrant la résilience des échanges bilatéraux au-delà des querelles politiques.
Le Contexte des Relations Franco-Algériennes
Les liens entre Paris et Alger traversent une période de gel diplomatique depuis plus d’un an et demi. Les tensions ont éclaté à l’été 2024, alimentées par des désaccords historiques et actuels, notamment sur la mémoire coloniale et les questions de souveraineté. Bien que les canaux officiels restent limités, les interactions économiques n’ont pas cessé, témoignant d’une interdépendance mutuelle. L’Algérie, riche en ressources énergétiques, reste un partenaire clé pour la France en matière d’investissements et de commerce. Selon des experts, les échanges commerciaux franco-algériens ont même connu une légère hausse ces derniers mois, malgré le climat politique frisquet.
Cette visite de Ségolène Royal à Alger intervient à un moment charnière. Elle répond à une invitation directe de la Chambre Algérienne de Commerce et d’Industrie (CACI), une institution pivotal pour le développement économique du pays. La CACI, qui regroupe des milliers d’entreprises, vise à promouvoir les partenariats internationaux, et cette initiative pourrait ouvrir de nouvelles portes pour des collaborations fructueuses. En effet, l’Algérie cherche à diversifier son économie au-delà des hydrocarbures, en misant sur des secteurs comme l’agriculture, les technologies et les énergies renouvelables – domaines où la France possède une expertise reconnue.
Le Rôle Clé de Ségolène Royal dans l’Association France-Algérie
Ségolène Royal a pris les rênes de l’Association France-Algérie (AFA) le 18 décembre 2025, succédant à Arnaud Montebourg. Fondée en 1963, juste après l’indépendance de l’Algérie, l’AFA a pour vocation de favoriser le dialogue entre les deux nations sur les plans économique, culturel et institutionnel. Sous sa présidence, l’association met l’accent sur des projets concrets qui transcendent les barrières politiques. Royal, connue pour son engagement en faveur de l’environnement et de la justice sociale, apporte une perspective fresh à cette entité historique.
Son parcours politique, marqué par des postes ministériels sous François Hollande et une candidature à la présidence en 2007, lui confère une légitimité pour aborder des sujets sensibles. En tant que présidente de l’AFA, elle s’engage à relancer les échanges, en s’appuyant sur des réseaux d’affaires et d’associations. Cette nomination récente souligne une volonté de renouvellement, alors que les relations bilatérales peinent à se réchauffer.
Les Objectifs de la Visite de Ségolène Royal à Alger
Au cœur de cette déplacement, les objectifs de la visite de Ségolène Royal à Alger se veulent pragmatiques et orientés vers l’avenir. Invitée par la CACI, elle participera à des rencontres avec des acteurs économiques locaux, visant à stimuler les investissements croisés. Des discussions porteront sur des partenariats stratégiques dans des domaines comme l’énergie verte, l’industrie agroalimentaire et les infrastructures. Par exemple, la France pourrait apporter son savoir-faire en matière de transition écologique, aligné avec les ambitions algériennes de développement durable.
Cette mission associative ne se limite pas au business pur. Elle inclut des volets culturels et humains, avec des échanges entre associations des deux rives de la Méditerranée. Ségolène Royal prévoit de rencontrer des représentants de la société civile algérienne, pour discuter de projets communs en éducation et en formation professionnelle. Ces initiatives pourraient aider à atténuer les tensions en favorisant un dialogue de base, loin des arènes diplomatiques officielles.
D’un point de vue plus large, cette visite pourrait servir de pont informel entre les gouvernements. Bien que non mandatée par l’Élysée, Royal a des connexions influentes à Paris, ce qui pourrait faciliter des discussions en coulisses. Des observateurs estiment que de telles démarches privées sont essentielles pour débloquer les impasses, surtout quand les canaux étatiques sont bloqués.
Les Propositions de Réconciliation Avancées par Ségolène Royal
Lors d’une récente conférence à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), intitulée « Demain, la France et l’Algérie », Ségolène Royal a exposé un plan audacieux pour apaiser les tensions. Elle plaide pour une reconnaissance pleine et entière des crimes coloniaux commis par la France, insistant sur la nécessité de « tout rendre » : biens culturels spoliés, archives historiques et même les dépouilles humaines conservées dans des musées français.
Sur le dossier sensible des essais nucléaires français menés au Sahara algérien dans les années 1960, Royal appelle à une transparence totale. Cela inclut la transmission des archives classifiées, une évaluation indépendante des impacts sanitaires et environnementaux, ainsi que des efforts de dépollution. Elle va plus loin en suggérant des excuses officielles de la part de la France, qu’elle considère comme un pas indispensable pour tourner la page.
Ces propositions ne sont pas nouvelles, mais elles gagnent en écho avec la visite imminente. En Algérie, où la mémoire coloniale reste vive, de telles déclarations pourraient être bien accueillies par une partie de l’opinion publique. Cependant, des sceptiques soulignent que sans engagement gouvernemental, ces idées risquent de rester lettre morte. Royal, de son côté, mise sur l’action associative pour créer un momentum positif.
Perspectives Économiques et Défis à Surmonter
Au-delà des aspects historiques, la visite met en lumière les opportunités économiques inexploitées. L’Algérie, avec son marché de plus de 45 millions d’habitants, représente un potentiel énorme pour les entreprises françaises. Des secteurs comme les énergies renouvelables pourraient voir naître des joint-ventures, profitant des ressources solaires abondantes du pays. Par ailleurs, la France pourrait aider l’Algérie à moderniser son agriculture, en partageant des technologies d’irrigation et de production durable.
Mais des défis persistent. Les barrières administratives, les fluctuations monétaires et les incertitudes politiques freinent les investissements. Ségolène Royal, lors de ses interventions, insiste sur la nécessité de simplifier les procédures pour encourager les affaires. Elle cite des exemples réussis, comme des partenariats dans l’industrie pharmaceutique, pour démontrer que la coopération est possible malgré les nuages diplomatiques.
En somme, cette initiative pourrait inspirer d’autres acteurs à emboîter le pas, renforçant ainsi les liens humains et économiques. Des forums bilatéraux pourraient émerger, favorisant un échange continu. Tandis que les tensions officielles perdurent, des figures comme Royal montrent que le dialogue reste ouvert à travers d’autres canaux.









