L’Algérie renforce ses mesures pour réguler l’accès aux devises étrangères, avec un focus particulier sur l’allocation voyage 750 euros destinée aux citoyens se rendant à l’étranger. Cette initiative de la Banque d’Algérie vise à endiguer les pratiques frauduleuses qui minent les réserves en devises du pays. Dans un contexte économique marqué par des tensions sur le marché des changes, ces règles interviennent pour promouvoir une utilisation plus transparente et équitable des allocations touristiques.
Introduite récemment, l’allocation voyage 750 euros représente un droit annuel pour les voyageurs algériens, mais elle est devenue un terrain fertile pour des détournements. Les autorités ont observé une augmentation des cas où des individus ou des réseaux exploitent ce mécanisme pour alimenter le marché parallèle des devises. Par exemple, des voyages fictifs ou des intermédiaires illégaux permettent de contourner les régulations, entraînant une perte significative pour l’économie nationale.
Contexte de la Lutte contre la Fraude aux Devises en Algérie
La Banque d’Algérie a émis plusieurs notes ces dernières semaines pour durcir le cadre réglementaire. Une instruction datée du 15 décembre 2025 a posé les bases d’un contrôle accru, suivie d’une note du 26 décembre 2025 (référence 03/DGC/2025) qui renforce les dispositions antérieures. Ces documents soulignent l’urgence de combattre les spéculations sur les devises, notamment via des voyages simulés vers des destinations comme la Tunisie, où des traversées express de frontières servent à déclencher l’allocation sans séjour effectif.
Selon des rapports récents, plus de 100 000 cas de fraude ont été enregistrés en un mois et demi, impliquant un détournement estimé à 75 millions d’euros. Ces chiffres illustrent l’ampleur du phénomène, où des agences de voyages et des intermédiaires collectent des passeports et des fonds pour revendre les euros obtenus sur le marché noir. Des arrestations ont multiplié ces derniers jours, avec au moins neuf personnes traduites en justice pour des tentatives de fraude impliquant des « voyages gratuits » contre cession de l’allocation. Un réseau a même été démantelé à Blida, où des suspects offraient des séjours fictifs en échange de l’allocation voyage 750 euros, soulignant les ramifications organisées de ces pratiques.
Le gouvernement algérien, via le ministère de l’Intérieur et des Transports, a pointé du doigt les agences de tourisme impliquées dans ces trafics, accusant certaines d’alimenter un « trafic sans scrupule ». Cependant, ces allégations restent à vérifier indépendamment, car elles proviennent de sources officielles qui pourraient refléter une position partisane. D’un autre côté, des observateurs économiques notent que ces fraudes aggravent la pression sur les réserves en devises, déjà fragilisées par les importations et la dépendance aux hydrocarbures.
Les Nouvelles Règles pour l’Allocation Voyage 750 Euros
Pour obtenir l’allocation voyage 750 euros, les demandeurs doivent désormais respecter des conditions plus strictes. Tout d’abord, l’ouverture d’un compte bancaire est obligatoire, une mesure introduite pour intégrer les citoyens dans le circuit formel et faciliter le traçage des transactions. Ce compte peut être au nom du chef de famille, couvrant ainsi les conjoint, enfants ou parents, ce qui simplifie les démarches pour les groupes familiaux. Les banques et Algérie Poste, avec leur réseau étendu de près de 1 800 agences, permettent une ouverture rapide, souvent le jour même.
Quatre documents sont requis pour cette procédure : une copie de la carte d’identité nationale biométrique (CNIB), un justificatif de domicile comme une facture récente de Sonelgaz, un acte de naissance, et un justificatif de revenus tel qu’une fiche de paie ou une attestation de travail. Ces exigences visent à vérifier l’identité et l’origine des fonds, bien que la Banque d’Algérie insiste sur le respect de la vie privée et une vérification basée sur la confiance.
L’allocation est strictement personnelle et intransmissible. Aucune tierce personne ne peut se substituer au voyageur pour les opérations financières, sauf les proches directs. Le paiement en dinars de la contre-valeur des devises doit être effectué par le bénéficiaire lui-même ou sa famille immédiate. Les agences de voyages sont exclues de tout rôle financier, se limitant à la logistique des circuits. Cela impacte particulièrement les voyages organisés comme l’Omra, où les centralisations de passeports et de fonds étaient courantes.
De plus, chaque voyageur doit se présenter physiquement au guichet bancaire avec son passeport original. Les banques sont tenues de vérifier l’identité et d’enregistrer l’opération nominativement, sous peine de sanctions. L’allocation n’est accordée qu’une fois par an, pour un séjour minimal de sept jours, et des contrôles renforcés visent à empêcher les stratagèmes comme les mouvements clandestins aux frontières.
Implications pour les Voyageurs et l’Économie Algérienne
Ces changements modifient profondément les habitudes des voyageurs algériens. D’un côté, la simplification via un compte familial unique accélère les processus pour les familles légitimes, évitant des démarches individuelles redondantes. D’un autre, la présence physique obligatoire et les vérifications accrues pourraient décourager certains, surtout dans les zones rurales où l’accès aux banques est limité.
Économiquement, ces mesures s’inscrivent dans une réforme plus large du système monétaire, visant à rationaliser l’utilisation des devises étrangères et à préserver les réserves du pays. En freinant les détournements, l’État espère réduire les fuites vers le marché parallèle, où l’euro s’échange à des taux bien supérieurs au officiel. Cependant, des critiques émergent : certains estiment que ces règles pénalisent les citoyens ordinaires tout en ne s’attaquant pas aux racines de la spéculation, comme l’inflation ou le chômage.
Les dernières nouvelles indiquent une poursuite du durcissement. Une note récente ajuste les modalités de règlement de la contre-valeur, renforçant les contrôles sur les agences. Par ailleurs, des expositions comme Expo-Finances 2025 mettent en lumière les nouveautés de la Banque de Développement Local (BDL), incluant des détails sur l’allocation pour les mineurs (300 euros pour les 12-19 ans, rien pour les moins de 12).
Réactions et Perspectives Futures
Les réactions sont mitigées. Des médias rapportent que les banques prennent des mesures de vigilance accrue, impliquant même le ministre de l’Intérieur dans les enquêtes sur les fraudes. Des sources indépendantes soulignent que, malgré les intentions louables, ces règles pourraient accentuer les inégalités, favorisant ceux déjà bancarisés au détriment des travailleurs informels.
À mesure que 2025 avance, il sera crucial de monitorer l’efficacité de ces mesures. Des ajustements supplémentaires pourraient survenir si les fraudes persistent, potentiellement via des technologies de traçage numérique ou des partenariats internationaux. Pour l’instant, les voyageurs sont invités à se conformer strictement pour éviter les sanctions, qui incluent des poursuites judiciaires pour les contrevenants.









