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Hausse des Prix de l’Essence en Algérie: Une Mesure Inattendue Qui Fait Débat

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hausse des prix de l'essence en Algérie

En ce début janvier 2026, les Algériens ont découvert avec stupeur une hausse des prix de l’essence en Algérie, appliquée dès le 1er janvier sans aucune annonce préalable. Les stations-service Naftal ont affiché de nouveaux tarifs : l’essence sans plomb passe à 47 dinars le litre (contre 45,62 auparavant), le gasoil à 31 dinars (+ environ 7 %), et le GPL-c grimpe brutalement de 9 à 12 dinars (+33 %). Cette révision, décidée par l’Autorité de Régulation des Hydrocarbures (ARH), intervient dans un contexte où le pouvoir d’achat est déjà érodé par l’inflation, et soulève une vague de critiques légitimes sur l’opacité gouvernementale.

Cette hausse des prix de l’essence en Algérie n’est pas une simple ajustement technique. Elle touche directement des millions de citoyens dans un pays où les carburants étaient parmi les moins chers au monde grâce à des subventions massives. Le ministère des Hydrocarbures a justifié a posteriori cette décision par la nécessité de couvrir les coûts croissants de production et de distribution pour Sonatrach et Naftal, tout en assurant que l’État continue d’absorber une grande partie des frais réels. Mais cette explication arrive trop tard, et beaucoup y voient une manœuvre budgétaire déguisée, surtout quand la Loi de finances 2026 n’avait prévu aucune modification des taxes sur les produits pétroliers.

Les Conséquences Économiques de la Hausse des Prix de l’Essence en Algérie

Examinons de plus près les répercussions de cette hausse des prix de l’essence en Algérie sur l’économie nationale. L’Algérie reste hautement dépendante des hydrocarbures, qui représentent plus de 90 % des exportations. Avec des cours du pétrole instables autour de 60-70 dollars le baril, réduire progressivement les subventions semble inévitable pour équilibrer le budget. Cependant, cette augmentation brutale risque de déclencher une chaîne inflationniste : les transporteurs, déjà fragilisés, annoncent des hausses de tarifs pour les marchandises et les passagers, ce qui pourrait renchérir les prix des produits de première nécessité.

Critique majeure : pourquoi imposer cette mesure sans mesures compensatoires ? Dans d’autres pays producteurs comme l’Arabie saoudite ou les Émirats, les réformes des subventions ont été accompagnées d’aides directes aux ménages vulnérables ou d’investissements dans les transports publics. En Algérie, rien de tel n’a été prévu, laissant les classes moyennes et populaires absorber seules le choc. Les petites entreprises, dépendantes du gasoil pour leurs véhicules utilitaires, verront leurs coûts exploser, menaçant des emplois dans la logistique et le commerce. Mustapha Zebdi, président de l’APOCE (organisation de protection des consommateurs), a dénoncé ce manque de contrôle, craignant que certains opérateurs profitent de la situation pour justifier des augmentations généralisées.

Impact Social : Une Hausse Qui Creuse les Inégalités

Sur le plan social, la hausse des prix de l’essence en Algérie accentue les disparités déjà profondes. Dans les grandes villes comme Alger, Constantine ou Oran, où les trajets quotidiens sont incontournables, les familles modestes consacrent une part croissante de leur budget aux déplacements. En zones rurales, l’absence d’alternatives aux véhicules personnels rend cette augmentation particulièrement punitive. Les chauffeurs de taxi et les transporteurs urbains, souvent précaires, parlent déjà de réduire leurs courses ou d’augmenter leurs tarifs, ce qui pénalisera les plus démunis.

Les réactions sur les réseaux sociaux et dans la presse reflètent une colère palpable : « Bonne année avec une mauvaise surprise à la pompe », ironisent beaucoup. Des syndicats du transport ont menacé de grèves, et Naftal a même dû appeler certains livreurs à reprendre le travail sous peine de sanctions. Cette opacité – une note de l’ARH diffusée la veille du Nouvel An, sans communication publique – renforce le sentiment de mépris envers les citoyens. Dans un pays marqué par le Hirak et des promesses de transparence sous la présidence Tebboune, une telle méthode apparaît comme un recul démocratique.

Dimension Environnementale : Une Opportunité Manquée

Paradoxalement, cette hausse pourrait avoir un volet écologique si elle était bien orientée. Le ministère met en avant le GPL-c (Sirghaz) comme option « verte » et économique, restant quatre fois moins cher que l’essence. Pourtant, c’est précisément ce carburant qui subit la plus forte augmentation proportionnelle (+33 %), ce qui risque de décourager son adoption et de maintenir la dépendance aux fuels plus polluants. Pourquoi ne pas avoir couplé cette révision à des incitations massives pour les véhicules électriques ou au gaz, ou à des investissements dans les énergies renouvelables ?

L’Algérie, engagée dans l’Accord de Paris, rate ici une chance de transition énergétique. Au lieu d’une politique cohérente favorisant la durabilité, on assiste à un ajustement court-termiste motivé par des impératifs financiers immédiats. Les écologistes locaux dénoncent ce manque de vision à long terme, alors que le pays dispose d’un potentiel solaire immense inexploité.

Réactions et Perspectives : Vers une Grognes Sociale Accrue ?

Les partis d’opposition, comme le RCD ou le FFS, ont fustigé cette « gestion à la hussarde », appelant à un réexamen des décisions récentes. Comparée aux voisins maghrébins, où les hausses sont souvent graduelles et annoncées, l’approche algérienne semble autoritaire et déconnectée. Si cette mesure vise à rationaliser la consommation (qui a explosé ces dernières années, favorisant même la contrebande frontalière), elle doit s’accompagner d’un dialogue social réel.

Cette hausse des prix de l’essence en Algérie symbolise les dilemmes d’une économie rentière en mutation forcée. Tant que la diversification reste un slogan, de telles mesures choc seront récurrentes, au risque d’alimenter le mécontentement. Les Algériens méritent une gouvernance plus prévoyante, transparente et équitable, surtout quand il s’agit de toucher à leur quotidien.