En Algérie, la participation des femmes au secteur commercial reste limitée, malgré une progression notable ces dernières années. Selon les dernières données du Centre national du registre de commerce (CNRC), les entrepreneuses représentent environ 9 % de l’ensemble des commerçants inscrits, soit un total de 218 486 femmes sur plus de 2,4 millions d’enregistrements. Cette statistique met en lumière les défis persistants en matière d’égalité des genres dans l’économie nationale, tout en soulignant une dynamique positive d’évolution.
Une augmentation significative depuis 2019
Le nombre de femmes commerçantes a connu une hausse impressionnante de 37 % en six ans. Fin 2019, elles étaient 159 807 à figurer sur les listes du CNRC, contre 218 486 aujourd’hui. Cette croissance reflète probablement les efforts déployés pour encourager l’entrepreneuriat féminin, à travers des initiatives publiques et des facilités d’accès au registre. Cependant, ce pourcentage de 9 % indique que les barrières structurelles, comme l’accès au financement ou les normes socioculturelles, freinent encore une intégration plus massive des femmes dans le commerce algérien.
Répartition entre personnes physiques et morales
Parmi ces entrepreneuses, la majorité opte pour une structure individuelle : 194 443 sont des personnes physiques, tandis que 24 043 dirigent des personnes morales. Ces chiffres excluent les professions libérales, l’agriculture et les métiers traditionnels, se concentrant ainsi sur les activités commerciales pures. Cette distinction met en évidence une préférence pour des ventures plus flexibles et accessibles, adaptées aux contraintes quotidiennes souvent rencontrées par les femmes en Algérie.
Les secteurs d’activité privilégiés par les femmes entrepreneuses
Les domaines où les femmes s’investissent le plus varient selon le type d’entité. Pour les personnes physiques, le commerce de détail alimentaire domine avec 17,06 % des inscriptions, suivi de près par l’habillement, les bijoux et les cosmétiques (10,60 %). L’hébergement et la restauration attirent 7,04 %, tandis que les équipements sportifs et de divertissement représentent 6,18 %. Le transport (6,03 %) et l’ameublement (4,22 %) complètent ce panorama, illustrant une orientation vers des secteurs de proximité et de consommation courante.
Du côté des personnes morales, les priorités diffèrent légèrement, avec une emphase sur la production et la fabrication de matériaux de construction et travaux publics (8,49 %). Les bureaux d’études et de consulting occupent 8,04 %, devant les activités culturelles et de divertissement (5,71 %). Le transport réapparaît à 4,87 %, suivi de la location d’équipements (3,43 %) et de la réparation d’équipements (2,97 %). Ces choix suggèrent une implication croissante dans des branches plus techniques et organisées, potentiellement porteuses d’opportunités d’emploi et de développement économique.
Une concentration dans les grands centres urbains
Géographiquement, l’entrepreneuriat féminin se concentre dans les wilayas les plus dynamiques. Alger arrive en tête avec 12,2 % des inscriptions féminines (26 648 registres), suivie d’Oran (6,5 %, 14 267). Tizi-Ouzou (4 %, 8 713), Constantine (3,5 %, 7 627), Blida (3 %, 6 587) et Sidi Bel Abbès (3 %, 6 483) forment le peloton de tête. Cette répartition souligne l’impact des infrastructures urbaines et des opportunités locales sur la participation des femmes au commerce, invitant à des politiques plus inclusives pour les régions périphériques.
Ces tendances invitent à une réflexion sur les mesures nécessaires pour booster l’entrepreneuriat féminin, afin de contribuer davantage à la diversification économique de l’Algérie.






































