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Achat de blé dur en Algérie : L’OAIC acquiert environ 500 000 tonnes à 315 dollars la tonne

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L’achat de blé dur en Algérie reste un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire du pays, particulièrement en cette fin d’année 2025. Selon des informations relayées par des opérateurs européens et des agences comme Reuters, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a récemment clôturé un appel d’offres international qui a abouti à l’acquisition d’une quantité substantielle de cette céréale essentielle. Cet événement s’inscrit dans une stratégie récurrente de l’État algérien pour combler les besoins nationaux en matières premières agricoles, sans pour autant indiquer une dépendance accrue ou une amélioration notable de la production locale.

Les détails de cette opération, basés sur des estimations préliminaires, soulignent un volume d’achat compris entre 500 000 et 550 000 tonnes de blé dur. Ce tender, lancé le 23 décembre 2025, visait initialement un minimum de 50 000 tonnes, mais les volumes réels ont largement dépassé cette base, reflétant les besoins pressants du marché intérieur. Le prix moyen par tonne est évalué à environ 315 dollars américains, incluant les coûts et le fret (C&F), pour les cargaisons transportées sur des navires de type Panamax. Pour les envois plus modestes via des navires Handymax, les tarifs oscillent entre 323 et 325 dollars par tonne. Ces chiffres, bien que compétitifs sur le marché mondial, illustrent les fluctuations liées aux conditions logistiques et aux origines des fournisseurs.

Détails techniques de l’achat de blé dur en Algérie

Dans le cadre de cet appel d’offres, les livraisons sont programmées sur quatre périodes distinctes en 2026 : du 1er au 15 février, du 16 au 28 février, du 1er au 15 mars, et du 16 au 31 mars. Cette répartition temporelle permet une gestion fluide des stocks et évite les engorgements portuaires, un défi récurrent pour les importations algériennes. Les origines du blé dur ne sont pas spécifiées de manière restrictive, permettant aux fournisseurs de divers pays d’y participer, ce qui favorise une concurrence ouverte et potentiellement des économies pour l’OAIC.

Cet achat intervient dans un contexte où l’Algérie continue d’être l’un des plus grands importateurs de céréales au monde. La production nationale de blé dur, bien que soutenue par des initiatives gouvernementales comme les subventions aux agriculteurs et les programmes d’irrigation, reste insuffisante pour couvrir la consommation intérieure. En 2025, les récoltes locales ont été impactées par des facteurs climatiques variables, incluant des périodes de sécheresse dans certaines régions du nord du pays. Selon des données publiques disponibles, la production algérienne de céréales avoisine les 3 à 4 millions de tonnes annuellement, alors que les besoins en blé dur seul dépassent souvent les 8 millions de tonnes, rendant les imports incontournables.

Contexte économique et implications pour le secteur agricole

Sur le plan économique, cet achat de blé dur en Algérie représente une dépense significative, estimée à plus de 150 millions de dollars, en fonction des volumes exacts confirmés. Cela pèse sur la balance commerciale du pays, qui dépend largement des revenus pétroliers et gaziers pour financer de telles opérations. En 2025, avec les prix du pétrole stabilisés autour de 80 dollars le baril, l’Algérie dispose d’une marge de manœuvre budgétaire, mais les experts soulignent la nécessité d’une diversification accrue pour réduire la vulnérabilité aux chocs externes. Les importations de céréales absorbent une part notable des réserves en devises, et toute hausse des prix mondiaux pourrait accentuer cette pression.

Le marché international du blé dur en cette période de fin 2025 est marqué par une relative stabilité, influencée par les récoltes abondantes en Amérique du Nord et en Europe. Des pays comme le Canada, les États-Unis et la Russie dominent l’offre, avec des prix influencés par les tensions géopolitiques et les conditions météorologiques. Par exemple, les perturbations liées aux conflits en Europe de l’Est ont maintenu une vigilance sur les chaînes d’approvisionnement, mais sans escalade majeure en 2025. L’Algérie, en optant pour un tender ouvert, bénéficie de cette concurrence, obtenant des tarifs inférieurs à ceux observés plus tôt dans l’année, où les prix avoisinaient les 324 dollars par tonne lors d’un achat similaire en octobre.

Évolution des stratégies d’importation algériennes

Au fil des ans, l’OAIC a multiplié les appels d’offres pour sécuriser les approvisionnements, avec des volumes variables selon les saisons. En novembre 2025, un tender pour 50 000 tonnes de blé tendre a été lancé, suivi d’autres opérations pour l’orge et d’autres céréales. Cette approche proactive vise à anticiper les besoins pour 2026, une année où les prévisions agricoles mondiales prévoient une légère augmentation de la production, potentiellement favorable aux acheteurs comme l’Algérie. Cependant, des défis persistent, tels que les coûts logistiques élevés dus à la position géographique et aux infrastructures portuaires.

Les implications pour les consommateurs algériens sont directes : le blé dur est la base de produits alimentaires essentiels comme la semoule et les pâtes, consommés quotidiennement. Une importation stable contribue à maintenir les prix intérieurs modérés, évitant les hausses qui pourraient affecter le pouvoir d’achat. Des observateurs indépendants notent que, malgré les efforts pour booster la production locale via des incitations fiscales et des investissements dans la recherche agronomique, les progrès sont lents. Par exemple, les programmes de modernisation des fermes dans les wilayas de l’Est et du Sud n’ont pas encore atteint leur plein potentiel, laissant une part importante du marché aux imports.

Perspectives sur le marché mondial et adaptations locales

En regardant vers l’avenir immédiat, les analystes du secteur agricole soulignent que les prix du blé dur pourraient fluctuer en fonction des récoltes hivernales en hémisphère nord. Si les conditions climatiques sont favorables, une baisse supplémentaire pourrait survenir, bénéficiant aux importateurs. Pour l’Algérie, cela pourrait signifier des opportunités d’achats supplémentaires à des tarifs avantageux. Inversement, toute perturbation, comme des sécheresses en Méditerranée, pourrait renverser la tendance.

Localement, des débats émergent sur la durabilité de cette dépendance. Des associations agricoles indépendantes appellent à une réforme plus profonde, incluant une meilleure gestion de l’eau et l’adoption de variétés résistantes. Sans alignement avec un parti politique spécifique, ces voix soulignent l’importance d’une politique agricole équilibrée, qui intègre à la fois les besoins immédiats et les objectifs à long terme. Les données récentes de 2025 indiquent une légère augmentation des surfaces cultivées en blé dur, passant de 1,5 à 1,7 million d’hectares, mais les rendements par hectare restent en deçà des standards internationaux.

Cet achat récent par l’OAIC illustre ainsi les dynamiques complexes du commerce agricole mondial et les défis internes de l’Algérie. Les opérateurs du marché surveillent de près les confirmations officielles, attendues dans les prochains jours, pour affiner ces estimations. En attendant, cette opération assure une continuité dans l’approvisionnement, essentielle pour la stabilité alimentaire du pays.