L’algérie continue d’avancer dans sa stratégie de modernisation du système financier national. Une instruction fiscale récente, émise par la Direction des impôts du ministère des Finances, vient renforcer les mécanismes incitatifs destinés à réduire progressivement la circulation du cash et à favoriser l’adoption des moyens de paiement électroniques.
Datée du 4 mars 2026 et portant le numéro 07/2026, cette instruction s’adresse aux services fiscaux à travers le territoire : directrice des grandes entreprises, directeurs régionaux et wilayas des impôts, ainsi qu’aux inspecteurs et responsables administratifs concernés. Elle précise les modalités d’application d’une mesure déjà initiée les années précédentes et désormais prolongée.
Concrètement, les banques commerciales et Algérie Poste se voient accorder une exonération fiscale sur les commissions qu’elles supportent pour les opérations effectuées via les outils de paiement électronique (carte, application mobile, QR code ou virement instantané). Ces commissions, habituellement à la charge des établissements financiers, sont exclues de la base imposable des bénéfices. L’objectif affiché est clair : alléger le coût réel de ces transactions pour les banques et la poste, afin qu’elles puissent à leur tour proposer des tarifs plus attractifs aux commerçants et aux citoyens.
Cette disposition s’appuie directement sur l’article 114 de la loi de finances pour 2026, qui prolonge jusqu’au 31 décembre 2026 l’exonération prévue initialement par l’article 141 de la loi de finances 2025. Il ne s’agit donc pas d’une nouveauté radicale, mais d’une extension logique d’une politique déjà en cours depuis 2025. Les modalités techniques restent identiques à celles définies par le décret du 5 mars 2025 et l’instruction complémentaire n° 30/W.M/M.A.Imp/2025 d’avril 2025, notamment en ce qui concerne le plafond maximal des commissions éligibles.
Dans un pays où une part importante des échanges quotidiens repose encore sur les billets et pièces, cette mesure s’inscrit dans une démarche plus large de numérisation de l’économie. En orientant les flux monétaires vers les circuits bancaires officiels, les autorités espèrent mieux contrôler la liquidité, limiter l’économie informelle et faciliter le suivi des transactions. Les commerçants et consommateurs devraient, à terme, bénéficier de services plus fluides et moins coûteux, sans que l’instruction impose directement de nouvelles obligations aux particuliers.
La mesure entre officiellement en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Les services fiscaux ont été chargés de la diffuser largement et de remonter rapidement toute difficulté d’application rencontrée sur le terrain. Cette approche progressive, qui passe par le soutien aux intermédiaires financiers plutôt que par des contraintes directes sur les usagers, reflète une volonté d’accompagner le changement sans rupture brutale.
Avec la généralisation des cartes interbancaires, des applications de paiement mobile et des terminaux de paiement électronique (TPE) chez les commerçants, l’Algérie poursuit ainsi son chemin vers une économie plus digitalisée. La prolongation de ces facilités fiscales jusqu’à la fin de l’année 2026 laisse le temps nécessaire aux banques et à Algérie Poste pour ajuster leurs offres et aux citoyens pour s’habituer progressivement à ces nouveaux outils.
Cette étape supplémentaire confirme l’engagement des pouvoirs publics en faveur d’un système de paiement moderne, tout en maintenant un équilibre entre incitation et réalisme économique. Les prochains mois permettront d’observer concrètement l’impact de ces facilités sur les habitudes de transaction au quotidien.





































