En pleine période de fin d’année 2025, la Banque d’Algérie a surpris le monde économique en émettant une note le 22 décembre interdisant les versements en espèces sur les comptes commerciaux, avec effet immédiat dès le lendemain. Cette mesure, censée promouvoir les paiements scripturaux et lutter contre l’informel, a rapidement tourné au fiasco. Moins de deux semaines plus tard, le 4 janvier 2026, la même institution a fait machine arrière, levant l’interdiction et imposant de nouvelles conditions plus souples. Cet épisode illustre parfaitement l’amateurisme de la Banque d’Algérie, où les décisions hâtives des dirigeants algériens révèlent un manque criant de préparation et de vision stratégique.
Dès les premiers jours suivant l’annonce, les opérateurs économiques ont exprimé leur désarroi. Le secteur commercial, encore largement dépendant des transactions en liquide en raison du sous-développement des paiements électroniques en Algérie, s’est retrouvé paralysé. Imaginez des commerçants obligés de refuser des paiements en cash, alors que les infrastructures numériques peinent à suivre. Cette interdiction, présentée comme une avancée vers la modernisation, n’a fait que souligner les failles béantes du système financier algérien. L’amateurisme de la Banque d’Algérie transparaît ici dans son incapacité à anticiper les réactions du terrain, forçant un assouplissement temporaire fin décembre avant l’annulation complète.
Les Racines de l’Amateurisme de la Banque d’Algérie dans cette Décision Chaotique
Plongeons dans les détails de cette volte-face. La note initiale du 22 décembre 2025 visait à contraindre les entreprises à adopter des moyens de paiement tracés, comme les virements ou les chèques, pour alimenter leurs comptes. Mais face aux protestations massives, la Banque d’Algérie a d’abord opté pour un recul partiel, reconnaissant implicitement que le pays n’était pas prêt pour une telle transition. Puis, le 4 janvier 2026, une nouvelle directive a tout annulé, rétablissant les anciennes mesures de vigilance tout en autorisant les versements en espèces liés au chiffre d’affaires quotidien ou hebdomadaire des opérateurs. Les opérations doivent désormais être cohérentes avec le profil du client, selon les informations détenues par les banques.
Cet amateurisme de la Banque d’Algérie n’est pas anodin. Il coïncide avec un remaniement majeur au sommet de l’institution : le limogeage du gouverneur Salah Eddine Taleb par le président Abdelmadjid Tebboune, remplacé en intérim par le vice-gouverneur Mouatessem Boudiaf. Est-ce une coïncidence que cette annulation intervienne le jour même de ce changement ? Probablement pas. Cela suggère que les décisions précédentes étaient mal calibrées, peut-être imposées sans concertation adéquate, et que le nouveau leadership a dû corriger le tir en urgence. Les dirigeants algériens, en agissant ainsi, démontrent une gestion réactive plutôt que proactive, où les erreurs se succèdent sans leçons tirées.
Au-delà de l’aspect institutionnel, cette affaire met en exergue les défis structurels de l’économie algérienne. Le paiement électronique reste marginal, avec une pénétration limitée dans les zones rurales et chez les petites entreprises. Interdire le cash sans infrastructure solide revient à ignorer la réalité du terrain. Les opérateurs, déjà fragilisés par l’inflation et les fluctuations pétrolières, ont vu leurs activités perturbées inutilement. Des files d’attente se sont formées aux guichets bancaires, et certains commerces ont rapporté des pertes de chiffre d’affaires. Cet amateurisme de la Banque d’Algérie risque de miner la confiance des investisseurs étrangers, qui pourraient y voir un signe d’instabilité réglementaire.
Impacts Économiques et Sociales d’une Politique Mal Pensée
Critiquer l’amateurisme de la Banque d’Algérie implique aussi d’examiner les conséquences plus larges. En Algérie, où l’économie informelle représente une part significative du PIB, forcer une transition vers le numérique sans accompagnement adéquat est voué à l’échec. Les nouvelles conditions imposées – versements en espèces limités au chiffre d’affaires et vérifications renforcées – semblent être un compromis boiteux. Elles maintiennent une surveillance accrue, mais sans résoudre le fond du problème : le manque d’éducation financière et d’accès aux outils digitaux pour la population.
Les dirigeants algériens, en suspendant cette mesure si vite, admettent tacitement leur impréparation. Moins de deux semaines pour passer d’une interdiction stricte à une levée quasi-totale, cela frise le ridicule. On peut se demander si des études d’impact ont été réalisées au préalable. Probablement pas, vu la rapidité du recul. Cette incohérence alimente les soupçons de clientélisme ou de pressions lobbyistes de la part des grands commerçants. Dans un pays où la corruption et le népotisme sont souvent pointés du doigt, de telles décisions erratiques ne font qu’amplifier les critiques.
Sur le plan social, les plus vulnérables en pâtissent. Les petits commerçants, artisans et agriculteurs, qui opèrent majoritairement en cash, ont été les premiers touchés. Sans alternative viable, ils risquaient l’exclusion du système bancaire. La levée de l’interdiction apporte un soulagement temporaire, mais elle ne masque pas l’absence de stratégie à long terme. Les autorités auraient dû investir massivement dans la digitalisation avant toute mesure coercitive. Au lieu de cela, l’amateurisme de la Banque d’Algérie a créé du chaos inutile, renforçant le sentiment d’une gouvernance déconnectée des réalités quotidiennes.
Vers une Réforme Véritable ou Plus de Fiascos ?
Pour éviter de répéter ces erreurs, les dirigeants algériens doivent repenser leur approche. Une transition vers une économie moins dépendante du cash est nécessaire, mais elle requiert du temps, des investissements et une concertation avec les acteurs économiques. Des campagnes de sensibilisation, des incitations fiscales pour l’adoption des paiements électroniques, et un renforcement des infrastructures numériques sont essentiels. Sans cela, toute nouvelle tentative risque de se solder par un échec similaire, perpétuant l’image d’un amateurisme institutionnel.
Cet épisode n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une série de réformes avortées en Algérie, où les annonces tonitruantes cèdent la place à des retraits discrets. Les observateurs internationaux, comme ceux du FMI ou de la Banque Mondiale, pourraient y voir un frein à la diversification économique promise par le gouvernement. Dans un contexte de dépendance aux hydrocarbures, une telle instabilité financière n’aide pas à attirer les capitaux nécessaires.
En fin de compte, la levée de l’interdiction du cash par la Banque d’Algérie en janvier 2026 reste un symbole poignant des dysfonctionnements au plus haut niveau. Elle invite à une réflexion profonde sur la compétence des décideurs et sur la nécessité d’une gouvernance plus professionnelle et anticipatrice.








