Un décret présidentiel publié le 1er mars dans le Journal officiel a officialisé le départ de la major française Engie du champ gazier de Touat, situé dans la wilaya d’Adrar. Cette sortie marque une nouvelle étape dans la restructuration des partenariats internationaux de Sonatrach et renforce le contrôle algérien sur l’un des projets gaziers stratégiques du Sud.
Le texte présidentiel, daté du 17 février 2026, approuve le protocole additionnel n°5 au contrat d’exploration, d’évaluation et d’exploitation des hydrocarbures signé le 10 juillet 2002 pour les blocs 352A et 353 de la zone de Touat. Ce protocole supplémentaire avait été paraphé à Alger le 10 novembre 2025 entre Sonatrach et la société EO Algeria Touat B.V.
Un projet historique marqué par des défis techniques
Lancé au début des années 2000, le champ de Touat Gaz était exploité en partenariat entre Sonatrach (environ 35 %), Neptune Energy et Engie (ex-Gaz de France, avec 30 % des parts). Le projet a connu plusieurs phases critiques. Après des retards initiaux, la production a été stoppée à l’automne 2021 en raison d’une contamination au mercure des installations de traitement du gaz.
La situation a évolué en 2024 lorsque le géant italien Eni a racheté la participation de Neptune Energy, portant sa part à 35 %. Des investissements conséquents ont ensuite permis la remise en route progressive des installations. Aujourd’hui, le champ affiche une production stable d’environ 13 millions de mètres cubes par jour, soit près de 4,5 milliards de mètres cubes par an. L’ensemble du gaz produit est commercialisé directement par Sonatrach.
Une redistribution des parts qui profite à l’Algérie
Selon des sources du secteur citées par plusieurs médias, la sortie d’Engie s’est concrétisée par la cession de ses parts : la compagnie thaïlandaise PTTEP a acquis environ 22 % tandis qu’Eni a renforcé sa position avec 8 % supplémentaires, portant sa participation totale à 43 %. La part de Sonatrach reste stable à 35 %. Cette reconfiguration permet à l’Algérie de diversifier ses partenaires tout en maintenant un contrôle majoritaire sur la production.
La transaction, dont les détails financiers n’ont pas été rendus publics, intervient après plusieurs mois de négociations et d’approbations réglementaires. Elle s’inscrit dans la stratégie algérienne d’attraction d’investisseurs fiables issus de nouveaux horizons, notamment asiatiques, tout en consolidant les liens avec des acteurs européens historiques comme Eni.
Touat, un atout majeur pour la production gazière nationale
Situé dans la région de Timimoun à Adrar, le champ de Touat représente un actif stratégique pour l’Algérie. Avec des réserves confirmées et une capacité de production pouvant atteindre plusieurs centaines de millions de pieds cubes par jour, il contribue directement à l’effort national d’augmentation des exportations et de satisfaction de la demande intérieure.
Cette opération intervient dans un contexte où Sonatrach accélère la valorisation de ses gisements matures et le développement de nouveaux projets. Le renforcement de la présence d’Eni et l’arrivée de PTTEP illustrent l’attractivité persistante du secteur des hydrocarbures algérien malgré les défis techniques et la concurrence internationale.
Le départ formel d’Engie du champ de Touat Gaz confirme la volonté algérienne de piloter davantage ses ressources énergétiques tout en ouvrant la porte à des partenariats renouvelés. Avec une production rétablie et des acteurs engagés pour l’avenir, le gisement de Touat continue de jouer un rôle clé dans la sécurité énergétique du pays et dans sa position sur le marché gazier régional et international.
Les observateurs du secteur suivent désormais de près les prochaines étapes d’investissement qui permettront d’optimiser davantage le potentiel de ce champ emblématique du Sahara algérien.






































