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Restrictions Dépôts Cash Banque d’Algérie : Une Politique Risquée pour l’Économie Algérienne en 2026

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En cette fin d’année 2025, la Banque d’Algérie a annoncé une série de mesures qui visent à transformer radicalement la gestion des flux financiers dans le pays. Parmi elles, les restrictions dépôts cash Banque d’Algérie se distinguent par leur ampleur, avec une entrée en vigueur prévue dès 2026. Selon une note officielle datée du 22 décembre 2025, les dépôts en espèces sur les comptes commerciaux ne seront plus autorisés que dans des cas exceptionnels et justifiés, privilégiant les paiements traçables comme les virements ou les chèques. Cette décision, présentée comme un alignement sur les standards internationaux pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, soulève pourtant de nombreuses interrogations. Dans un contexte économique algérien marqué par une forte dépendance au cash, cette approche pourrait s’avérer contre-productive, en freinant l’activité des petites entreprises et en accentuant les inégalités sans véritablement résoudre les problèmes structurels.

Les Détails des Restrictions Dépôts Cash Banque d’Algérie et Leurs Limites

La Banque d’Algérie justifie ces restrictions par la nécessité de renforcer la transparence et la sécurité des transactions. Concrètement, les banques devront examiner de près la fréquence, le volume et l’origine des fonds pour détecter toute opération atypique. Les dépôts en cash deviendront l’exception, réservés à des situations dûment motivées, tandis que les comptes commerciaux devront être alimentés prioritairement par des moyens scripturaux. Cette évolution s’appuie sur des réglementations récentes, comme le règlement n°24-03 du 24 juillet 2024 sur la lutte contre le blanchiment, et des instructions datant de novembre 2024 et mai 2025.

Cependant, cette stratégie semble ignorer la réalité du terrain en Algérie. Dans un pays où l’économie informelle représente une part significative du PIB – estimée à plus de 30% selon des études internationales – imposer de telles contraintes pourrait paralyser des secteurs entiers. Les commerçants, artisans et petites entreprises, qui opèrent souvent en cash pour des raisons pratiques comme la rapidité des échanges ou le manque d’infrastructures bancaires, risquent de se heurter à une bureaucratie accrue. Imaginez un marchand de marché à Alger ou à Oran obligé de justifier chaque dépôt : cela non seulement ralentit les opérations quotidiennes, mais augmente aussi les coûts administratifs. Des sources récentes, comme des rapports publiés en décembre 2025 par des médias indépendants, soulignent déjà des craintes chez les opérateurs économiques, qui voient dans cette mesure une entrave à leur liberté d’entreprendre plutôt qu’une protection efficace.

De plus, l’efficacité de ces restrictions contre les flux illicites reste discutable. Le blanchiment d’argent prospère souvent dans les zones grises de l’économie, et forcer une transition brutale vers le scriptural pourrait simplement déplacer le problème vers des circuits parallèles non régulés. Des exemples internationaux, comme en Inde avec la démonétisation de 2016, montrent que de telles politiques ont entraîné des perturbations massives sans éradiquer la corruption ou l’évasion fiscale. En Algérie, où l’accès à internet et aux services bancaires numériques est inégal – avec seulement environ 60% de la population connectée selon des données de 2025 – cette mesure pourrait exclure les régions rurales et les populations vulnérables, aggravant les disparités socio-économiques.

Impacts Potentiels sur les Commerçants et l’Économie Informelle

Au-delà des justifications officielles, il faut examiner les conséquences pratiques pour les acteurs économiques de base. Les restrictions dépôts cash Banque d’Algérie pourraient décourager les investissements informels, qui constituent un pilier de la résilience économique algérienne. Par exemple, dans les secteurs comme l’agriculture ou le petit commerce, le cash permet des transactions fluides sans intermédiaires coûteux. En imposant une surveillance accrue, la Banque d’Algérie risque de créer un climat de méfiance, où les entrepreneurs hésitent à développer leurs activités par peur de contrôles excessifs.

Des analyses récentes, issues de débats en ligne et de publications économiques datant de fin décembre 2025, mettent en lumière des témoignages de commerçants inquiets. Un rapport d’un think tank indépendant algérien souligne que cette politique pourrait réduire la liquidité disponible pour les PME, entraînant une baisse de la croissance estimée à 1-2% du PIB si elle n’est pas accompagnée de mesures d’accompagnement adéquates. Au lieu de resserrer les règles de manière unilatérale, une approche plus équilibrée aurait pu inclure des incitations fiscales pour adopter les paiements numériques, ou des campagnes de sensibilisation pour faciliter la transition. Malheureusement, la note de la Banque d’Algérie semble se concentrer sur la répression plutôt que sur l’accompagnement, ce qui pourrait alimenter un sentiment d’injustice chez les citoyens ordinaires.

En outre, cette mesure intervient dans un contexte où l’Algérie fait face à des défis inflationnistes et à une dépendance aux hydrocarbures. Limiter le cash sans renforcer simultanément l’infrastructure bancaire – comme l’expansion des guichets automatiques ou des applications mobiles sécurisées – pourrait accentuer la fracture numérique. Des experts économiques, cités dans des articles publiés ces derniers jours, avertissent que cela pourrait booster l’usage de monnaies alternatives ou de transferts informels, contrecarrant ainsi les objectifs initiaux de transparence.

Alternatives Possibles à une Transition Plus Douce

Plutôt que d’imposer des restrictions dépôts cash Banque d’Algérie de manière rigide, il serait pertinent d’envisager des alternatives plus inclusives. Par exemple, des pays comme le Kenya ont réussi à réduire l’usage du cash en promouvant des solutions mobiles comme M-Pesa, qui ont intégré des millions d’utilisateurs sans les exclure. En Algérie, une stratégie similaire pourrait impliquer des partenariats public-privé pour développer des outils accessibles, adaptés aux besoins locaux. Des incitations, telles que des réductions d’impôts pour les transactions numériques ou des formations gratuites pour les commerçants, permettraient une adoption volontaire plutôt qu’imposée.

De surcroît, il est essentiel de questionner la timing de cette mesure. En 2026, l’Algérie pourrait encore être en phase de récupération post-pandémie et face à des tensions géopolitiques affectant les prix de l’énergie. Ajouter une couche de complexité administrative pourrait freiner la relance économique, particulièrement pour les jeunes entrepreneurs qui constituent une part croissante de la force de travail. Des sondages informels relayés par des médias en ligne en décembre 2025 indiquent que plus de 70% des petites entreprises interrogées craignent un impact négatif sur leurs revenus.

En somme, bien que l’intention de moderniser le système bancaire soit louable, les modalités choisies par la Banque d’Algérie paraissent trop restrictives et mal adaptées à la réalité algérienne. Une révision pour inclure plus de flexibilité et de soutien serait bienvenue pour éviter des retombées inattendues sur l’économie quotidienne des Algériens.