Les relations entre la France et l’Algérie connaissent un timide réchauffement après plus de dix-huit mois de tensions. Le retour annoncé de l’ambassadeur français Stéphane Romatet à Alger figure parmi les signaux les plus concrets de ce dégel progressif, même si aucune date précise n’a encore été communiquée.
Une crise diplomatique inédite depuis 2024
Les difficultés entre Paris et Alger ont débuté fin juillet 2024. À cette période, l’Algérie avait décidé de rappeler son ambassadeur à Paris, Saïd Moussi, en réaction à la position française sur le Sahara occidental. Le poste d’ambassadeur algérien en France reste vacant depuis plusieurs mois.
La tension s’est accentuée en avril 2025 avec le rappel par Paris de Stéphane Romatet, en poste à Alger depuis juillet 2023. Ce retrait intervenait après l’expulsion par les autorités algériennes de douze agents consulaires français, elle-même liée à l’arrestation d’un agent consulaire algérien en France.
En janvier 2026, un nouvel épisode avait marqué les esprits : le ministère algérien des Affaires étrangères avait publiquement dénoncé la participation de l’ambassade de France et de son ambassadeur à un documentaire diffusé sur France 2, jugé « très négatif » pour l’Algérie. Alger avait alors exprimé une « vive préoccupation » sans toutefois déclarer l’ambassadeur persona non grata.
Le rôle central de la visite de Laurent Nuñez
Le dossier a rebondi lors du déplacement du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, à Alger les 16 et 17 février 2026. Selon les informations disponibles, la question du retour de Stéphane Romatet a été directement abordée au cours des entretiens.
Cette visite a également permis la reprise de la coopération dans les domaines sécuritaire et migratoire, deux piliers traditionnels des échanges bilatéraux. Laurent Nuñez a ensuite réaffirmé, lors d’une intervention à la Grande Mosquée de Paris, sa satisfaction quant aux résultats obtenus.
Un retour possible à tout moment
Stéphane Romatet reste officiellement agréé par les autorités algériennes. La partie française a clairement fait savoir qu’elle souhaitait le voir reprendre ses fonctions « normalement ». Du côté algérien, aucune mesure de rétorsion n’a été prise contre lui malgré les critiques formulées en janvier.
Aucune échéance n’a cependant été fixée. Le diplomate peut théoriquement rejoindre son poste dès que Paris en prendra la décision. Des sources proches des deux capitales indiquent que les discussions se poursuivent dans un climat plus apaisé.
Un processus encore fragile
Le rétablissement complet des relations passe traditionnellement par le retour des deux ambassadeurs. Alger pourrait prochainement nommer un nouveau représentant à Paris, tandis que la France a déjà donné son accord pour la désignation de nouveaux consuls.
Le contexte reste toutefois sensible. À un peu plus d’un an des élections présidentielles françaises de 2027, une partie de la classe politique hexagonale affiche une certaine réserve vis-à-vis d’un rapprochement trop rapide. Du côté algérien, l’accent est mis sur le respect mutuel et la réciprocité.
Pour l’heure, le retour de Stéphane Romatet constitue un indicateur concret de la volonté partagée de normaliser les liens. Les observateurs suivent de près les prochaines étapes, qui pourraient confirmer ou non cette dynamique positive engagée ces dernières semaines.





































