La récente visite du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, en Algérie marque un tournant dans les relations bilatérales, souvent marquées par des frictions. Reçu par le président Abdelmadjid Tebboune le 17 février 2026, Nuñez a discuté de coopération en matière de sécurité et d’immigration, des domaines cruciaux pour les deux pays. Cette rencontre, la première d’un haut responsable français depuis des mois de tensions, ouvre la voie à une reprise des échanges, sans pour autant effacer les défis persistants.
Le Contexte d’une Visite Attendue
Les relations entre l’Algérie et la France ont connu des hauts et des bas, exacerbés par des différends diplomatiques, notamment autour de la question du Sahara occidental depuis l’été 2024. La visite de Nuñez, les 16 et 17 février 2026, intervient dans un climat de dégel progressif, initié par des libérations symboliques comme celle de l’écrivain Boualem Sansal en novembre dernier. Invité par son homologue algérien Saïd Sayoud, le ministre français a multiplié les entretiens pour « restaurer des relations de sécurité normales », comme il l’a déclaré à l’issue des discussions. Ce déplacement, centré sur des enjeux concrets, reflète une volonté mutuelle de pragmatisme, même si les observateurs restent prudents quant à sa portée à long terme.
Une Coopération Sécuritaire Renforcée
Au cœur des accords annoncés figure la réactivation d’un mécanisme de coopération sécuritaire de haut niveau. Tebboune et Nuñez ont convenu de densifier les échanges en matière judiciaire, policière et de renseignement, avec un focus sur la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic. Cette reprise est présentée comme un « réenclenchement » indispensable, selon les termes de Nuñez, pour affronter des menaces communes en Méditerranée. L’Algérie, avec son expérience en matière de contre-terrorisme, pourrait ainsi partager des informations précieuses, tandis que la France offre son expertise technologique. Cependant, des analystes soulignent que des tensions passées pourraient freiner une mise en œuvre rapide, rappelant que les coopérations antérieures ont parfois été suspendues pour des raisons politiques.
Les Enjeux de l’Immigration au Premier Plan
Sur le front de l’immigration, les discussions ont porté sur la gestion des flux migratoires et le retour des ressortissants algériens en situation irrégulière en France. Tebboune a accordé une attention particulière aux obligations de quitter le territoire français (OQTF), un dossier épineux qui empoisonne les relations depuis des années. Nuñez a évoqué une possible renégociation de l’accord franco-algérien de 1968, qui régit le séjour des Algériens en France, pour mieux adapter les règles aux réalités actuelles. Cette perspective pourrait faciliter les expulsions tout en préservant les liens humains entre les deux nations. Si certains y voient un pas vers une migration plus régulée, d’autres craignent que cela n’exacerbe les frustrations chez les communautés diasporiques, sans garantir une réduction effective des traversées illégales.
Des Perspectives Mixtes pour l’Avenir
Ces accords, conclus lors d’une audience présidentielle, signalent un optimisme mesuré des deux côtés. La France espère une coopération accrue pour sécuriser ses frontières, tandis que l’Algérie cherche à renforcer sa position régionale. Pourtant, des obstacles subsistent, comme les divergences sur les visas et les questions géopolitiques plus larges. Les prochains mois diront si ces engagements se traduisent en actions concrètes, ou si les vents contraires diplomatiques les remettent en question.






































