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Algérie et France : Reprise du dialogue entre les ministres Attaf et Barrot après plusieurs mois de silence

Les relations algéro-françaises connaissent un timide redémarrage diplomatique. Pour la première fois depuis des mois, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et son homologue français, Jean-Noël Barrot, ont échangé directement par téléphone ce dimanche 15 mars. Cette conversation, confirmée par le Quai d’Orsay, intervient dans un contexte marqué par une longue période de tensions bilatérales.

Les contacts directs entre les deux chefs de diplomatie s’étaient raréfiés depuis l’été 2024. La dernière rencontre en face-à-face remontait au 6 avril 2025 à Alger, tandis que le dernier échange formel datait de novembre 2025, en marge du sommet du G20 à Johannesbourg. La crise avait atteint un pic avec l’expulsion par Alger d’agents consulaires français, suivie du rappel à Paris de l’ambassadeur Stéphane Romatet pour consultations en avril 2025. Ces gestes avaient gelé une grande partie du dialogue politique entre les deux capitales.

Un premier signe de dégel était toutefois apparu mi-février 2026. La visite du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, à Alger avait permis une entrevue avec le président Abdelmadjid Tebboune. À l’issue de cette rencontre, les deux pays avaient annoncé la relance d’une coopération sécuritaire de haut niveau, un domaine jugé stratégique pour les deux parties.

L’entretien téléphonique de dimanche s’inscrit donc dans cette dynamique progressive. Selon le ministère français des Affaires étrangères, les deux ministres ont abordé la relance de la coopération bilatérale, notamment sur les questions sécuritaires et migratoires. Jean-Noël Barrot a également évoqué la situation du journaliste français Christophe Gleizes, condamné en Algérie à sept ans de prison pour apologie du terrorisme. Paris a exprimé le souhait que ces échanges produisent des résultats concrets « dans l’intérêt des deux pays ».

Les deux diplomates sont convenus de poursuivre ce dialogue politique, tout en tenant compte du contexte régional et international chargé. La guerre au Proche et Moyen-Orient figure parmi les préoccupations communes, même si les détails des positions respectives n’ont pas été rendus publics.

Cette reprise de contact intervient alors que plusieurs observateurs évoquent un possible retour prochain de l’ambassadeur français Stéphane Romatet à Alger. Un tel geste serait interprété comme une nouvelle étape dans l’apaisement des relations, sans pour autant effacer les divergences persistantes sur plusieurs dossiers sensibles.

Du côté algérien, ce type d’échanges reste inscrit dans une ligne constante : la défense des intérêts nationaux et le respect de la souveraineté. Alger a toujours insisté sur le fait que toute normalisation doit reposer sur un équilibre et une reconnaissance mutuelle des positions de chaque pays.

Pour l’heure, aucune nouvelle rencontre physique n’est annoncée. Les observateurs suivent cependant avec attention les prochains développements, alors que les enjeux économiques, sécuritaires et humains continuent de lier étroitement les deux rives de la Méditerranée. Le simple fait que les deux ministres se soient reparlé constitue déjà, en soi, un signal que les canaux de communication restent ouverts malgré les difficultés accumulées ces derniers mois.