Accueil INTERNATIONAL Le Brent repasse les 100 dollars, faute d’accord entre Washington et Téhéran

Le Brent repasse les 100 dollars, faute d’accord entre Washington et Téhéran

Le baril de Brent de la mer du Nord a franchi la barre symbolique des 100 dollars, clôturant à 101,91 dollars (+3,48 %). Le WTI américain n’est pas en reste, progressant de plus de 3,6 % à 92,96 dollars. Une flambée qui intervient alors que les négociations entre les États-Unis et l’Iran patinent et que le détroit d’Ormuz reste largement paralysé.

Les marchés pétroliers n’ont pas été rassurés par l’annonce, mardi soir, de Donald Trump. Le président américain a bien prolongé le cessez-le-feu avec Téhéran, mais en posant une condition claire : les autorités iraniennes doivent présenter une « proposition unifiée » pour mettre fin au conflit. Réponse de l’Iran : pas de réouverture du détroit d’Ormuz tant que la marine américaine continuera d’intercepter des navires dans le Golfe. Le vice-président JD Vance a annulé son déplacement prévu à Islamabad, où devaient se tenir des pourparlers indirects via le Pakistan. Le signal envoyé aux traders est limpide : l’accalmie reste fragile et le risque de perturbation durable de l’offre persiste.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial, reste au cœur des tensions. L’Iran y maintient un contrôle de fait depuis plusieurs semaines, tandis que Washington a imposé un blocus naval sur les ports iraniens. Ce double blocage, même partiel, pèse lourdement sur les flux d’exportation iraniens et inquiète les importateurs asiatiques et européens. Les analystes rappellent que toute nouvelle escalade pourrait rapidement faire grimper le Brent bien au-delà des 110 dollars.

Cette volatilité intervient dans un contexte plus large de conflit au Moyen-Orient. Après une phase de hausse spectaculaire liée aux premières frappes et aux craintes d’un embrasement régional, les prix avaient temporairement reflué sous les 100 dollars grâce aux espoirs de trêve. L’échec relatif des discussions ramène aujourd’hui les opérateurs à la réalité : sans accord concret, le marché reste exposé à des chocs d’offre.

Pour les économies importatrices, dont plusieurs pays du Maghreb et d’Europe, le retour du Brent au-dessus des 100 dollars ravive les craintes d’inflation énergétique. Les compagnies aériennes, les transporteurs routiers et les ménages pourraient rapidement en ressentir les effets via la hausse des carburants et des coûts de production. Du côté des producteurs, en revanche, cette envolée offre un répit budgétaire bienvenu, à condition que la stabilité revienne rapidement.

Les opérateurs restent suspendus aux prochaines déclarations de Washington et de Téhéran. Pour l’heure, aucun calendrier précis n’a été communiqué pour une reprise des pourparlers. En attendant, le pétrole reste sous tension, et le seuil des 100 dollars semble s’être réinstallé comme nouvelle norme psychologique du marché.