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L’italie éliminée de la Coupe du monde 2026 : la Nazionale vit un nouveau cauchemar

L’Italie ne disputera pas la Coupe du monde 2026. Pour la troisième fois consécutive, après 2018 et 2022, la Squadra Azzurra rate le rendez-vous planétaire. La Bosnie-Herzégovine a éliminé les quadruples champions du monde en finale des barrages européens, mardi 31 mars 2026 à Zenica (1-1 après prolongation, 4-1 aux tirs au but). Un coup de tonnerre qui relance les questions sur le déclin d’une grande nation du football.

Le scénario cruel d’une soirée à oublier

Tout avait pourtant bien commencé pour les hommes de Gennaro Gattuso. Moise Kean ouvrait le score en seconde période, offrant à l’Italie un avantage précieux dans ce stade bouillant de 9 000 supporters bosniens. Mais Alessandro Bastoni, expulsé avant la mi-temps pour un geste jugé dangereux, changeait la donne. Réduite à dix, la Nazionale tenait bon jusqu’aux prolongations.

L’égalisation bosnienne par Tabakovic dans les dernières minutes de la prolongation a tout fait basculer. Puis la séance de tirs au but a tourné au cauchemar : seulement un penalty réussi côté italien contre quatre pour la Bosnie. La qualification s’envolait, et avec elle le rêve d’un retour au Mondial après vingt ans d’absence en phase finale (dernière victoire en 2006).

Gattuso, les larmes aux yeux en zone mixte, n’a pas caché sa détresse : « Les garçons d’aujourd’hui ne méritaient pas une telle déconvenue. Nous avions besoin de cette qualification. C’est difficile à digérer. »

Une malédiction qui s’installe depuis huit ans

Ce nouvel échec n’est pas un accident. L’Italie devient la première ancienne championne du monde à manquer trois éditions consécutives de la Coupe du monde. Depuis la victoire à l’Euro 2020, la Nazionale enchaîne les désillusions en phase de qualification.

Les barrages, autrefois un refuge, se sont transformés en piège. En 2017 contre la Suède, en 2022 contre la Macédoine du Nord, et maintenant contre une Bosnie classée 65e mondiale. Le football italien paie aujourd’hui des années de gestion douteuse, de formation en berne et d’un championnat de Serie A qui accueille de moins en moins de talents locaux.

Pourquoi l’Italie n’arrive plus à se qualifier ?

Les observateurs pointent du doigt un vivier limité et une résistance au changement. Malgré quelques individualités (Tonali, Barella, ou les jeunes comme Pio Esposito), l’équipe manque de profondeur et de créativité face aux blocs compacts. Le style de jeu, trop prévisible, peine à surprendre.

La FIGC (Fédération italienne) est également sous le feu des critiques. Le président Gabriele Gravina et le chef de délégation Gianluigi Buffon font face à des appels massifs au départ. Les supporters, sur les réseaux et dans les stades, exigent un grand ménage : plus de jeunes, plus d’Italiens en club, et une vraie refondation.

Un manque à gagner colossal pour le football italien

Au-delà du sport, cette élimination représente un vrai séisme financier. Selon la Gazzetta dello Sport, la Fédération perd environ 30 millions d’euros : primes FIFA envolées, merchandising, sponsoring et droits télévisés non perçus. Un coup dur pour un football déjà fragilisé par la concurrence européenne.

La Serie A, qui espérait un boost de visibilité avec ses stars en sélection, devra aussi revoir ses plans. Quant aux joueurs, beaucoup expriment leur frustration sur les réseaux : Leonardo Spinazzola a résumé le sentiment général d’un « coup dur » après des efforts énormes.

Vers une reconstruction forcée ?

L’Italie va désormais devoir se projeter sur l’Euro 2028 et surtout le Mondial 2030. Le temps presse. Les jeunes talents doivent être lancés, le staff technique repensé et le dialogue avec les clubs relancé.

Pour l’instant, le football italien est en état de choc. Mais les grandes nations ont toujours su rebondir. La question reste ouverte : l’Italie saura-t-elle transformer cette humiliation en électrochoc salutaire ? Le Mondial 2026, sans elle, sera un peu moins bleu azur.