Le football africain vit un séisme historique. Deux mois après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 disputée à Rabat, la Confédération africaine de football (CAF) a bouleversé le palmarès en annulant la victoire du Sénégal au profit du Maroc. Mais les dernières évolutions, ce 24 mars 2026, changent à nouveau la donne : le Sénégal a officiellement déposé son recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), et le CAS vient de suspendre provisoirement la décision de la CAF. Le trophée reste pour l’instant dans les limbes.
Retour sur une finale explosive et une décision choc de la CAF
Le 18 janvier 2026, au stade de Rabat, le Sénégal s’impose face au Maroc en finale de la CAN 2025 (1-0 après prolongation). Un but de Pape Gueye offre aux Lions de la Téranga un deuxième titre continental après 2021. Pourtant, la rencontre est marquée par un incident majeur : les joueurs sénégalais quittent brièvement le terrain pour protester contre un penalty litigieux accordé aux Lions de l’Atlas en fin de match.
La CAF ouvre alors une procédure disciplinaire. En première instance, le jury disciplinaire sanctionne les deux fédérations pour manquements au fair-play. Mais le 17 mars 2026, le Jury d’appel de la CAF retourne la situation de façon spectaculaire. En s’appuyant sur l’article 84 du règlement de la CAN, il déclare le Sénégal forfait lors de la finale et homologue le résultat 3-0 en faveur du Maroc, pays hôte. Le trophée change officiellement de mains.
Cette décision administrative, prise plus de deux mois après le coup de sifflet final, soulève immédiatement une vague d’indignation à travers le continent. Pour beaucoup d’observateurs, elle illustre une influence excessive du Maroc au sein des instances africaines et jette un discrédit majeur sur l’intégrité de la compétition.
Réactions en cascade : colère au Sénégal, défense de la CAF
La Fédération sénégalaise de football (FSF) dénonce immédiatement une « décision inique, sans précédent et inacceptable ». Les autorités sénégalaises parlent même de « soupçons de corruption » et réclament une enquête internationale. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, monte au créneau pour défendre l’indépendance des organes disciplinaires : « Aucun pays n’est traité de manière préférentielle », assure-t-il dans une allocution filmée.
Sur les réseaux sociaux et dans les médias africains, les réactions fusent : « honte pour l’Afrique », « blague du siècle », « mascarade ». Des légendes du football comme George Weah expriment leur stupeur. Le Maroc, de son côté, revendique simplement l’application stricte du règlement.
Dernières évolutions : le Sénégal passe à l’action et le CAS intervient
Le dossier ne s’arrête pas là. Ce mardi 24 mars 2026, la FSF a officiellement saisi le Tribunal arbitral du sport à Lausanne. Le recours vise à faire annuler la décision du Jury d’appel de la CAF et à rétablir le résultat du terrain.
Dans un rebondissement majeur, le CAS a accepté l’appel du Sénégal et prononcé une mesure provisoire : la suspension immédiate de l’exécution de la décision de la CAF. Concrètement, le titre de champion d’Afrique 2025 est gelé. Ni le Sénégal ni le Maroc ne peut, pour l’instant, se prévaloir officiellement de la victoire. Le trophée reste donc sans propriétaire légitime en attendant le verdict final du TAS, qui pourrait intervenir dans six à neuf mois.
Cette intervention du TAS relance totalement le dossier et ouvre la voie à un examen approfondi des faits, des règlements et des éventuelles irrégularités de procédure. Elle marque aussi un tournant : pour la première fois, une décision majeure de la CAF dans une CAN est suspendue par l’instance suprême du sport mondial.
Quelles conséquences pour le football africain ?
Cette affaire inédite met en lumière les failles du règlement de la CAN, notamment sur la notion de « refus de jouer » versus simple interruption momentanée. Elle pose surtout la question de la crédibilité des instances continentales face à la puissance des nations organisatrices et influentes.
En attendant le jugement définitif du TAS, le palmarès de la CAN 2025 reste en suspens. Le trophée, symbole de la suprématie africaine, cristallise aujourd’hui toutes les tensions du continent. Le football africain retient son souffle.





































