Le géant saoudien Aramco tire la sonnette d’alarme. Dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, Amin Nasser, son président-directeur général, a déclaré que le conflit en cours a déclenché le « plus grand choc énergétique » jamais enregistré dans le monde. Selon lui, les marchés pétroliers pourraient ne pas retrouver un équilibre normal avant 2027.
Lors d’un échange avec des investisseurs ce mardi 11 mai 2026, le patron d’Aramco a expliqué que même une réouverture immédiate du détroit d’Ormuz ne suffirait pas à rétablir rapidement la situation. « Même si le détroit d’Ormuz rouvrait aujourd’hui, il faudrait encore des mois pour que le marché se rééquilibre. Et si sa réouverture était retardée de quelques semaines supplémentaires, le retour à la normale s’étendrait jusqu’en 2027 », a-t-il averti.
Un détroit stratégique bloqué
Le détroit d’Ormuz, situé entre le golfe Persique et la mer d’Oman, représente un passage vital pour le commerce mondial des hydrocarbures. Avant les hostilités, il voyait transiter près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Le blocage de ce couloir maritime, conséquence directe des affrontements impliquant l’Iran, a provoqué une chute brutale des approvisionnements et une envolée des prix.
Le PDG d’Aramco a également souligné une « perte d’approvisionnement sans précédent d’environ un milliard de barils de pétrole ». Malgré cela, des solutions alternatives ont permis de limiter les dégâts, notamment via l’oléoduc est-ouest saoudien, qui a atteint sa capacité maximale de 7 millions de barils par jour.
Des prix en forte hausse et des répercussions mondiales
Depuis le début des tensions fin février, le baril de Brent a connu une forte volatilité, passant d’environ 70 dollars avant les hostilités à une moyenne proche de 100 dollars en mars, avec des pics à 120 dollars. Cette flambée des cours profite à des producteurs comme Aramco, qui a annoncé une hausse de plus de 25 % de son bénéfice net au premier trimestre.
Cependant, Amin Nasser met en garde contre les risques à long terme. Une fois le détroit rouvert, une forte demande de reconstitution des stocks stratégiques est attendue de la part des États et des compagnies énergétiques, ce qui pourrait maintenir la pression sur les prix.
Impact sur l’économie mondiale et l’Algérie
Pour les pays importateurs comme l’Algérie, qui dépend en partie des fluctuations internationales tout en étant producteur, cette crise énergétique pose des défis. Elle accentue la volatilité des revenus pétroliers, influence les coûts de l’énergie et pourrait peser sur l’inflation et la croissance économique mondiale. Des analystes craignent des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement, des secteurs comme le transport à l’agriculture.
Aramco se positionne comme un acteur clé pour atténuer le choc, grâce à sa capacité de production et ses infrastructures alternatives. Mais le message du PDG est clair : sans une stabilisation rapide de la situation géopolitique, le monde entier risque de subir les conséquences de cette crise historique pendant plusieurs années.






































