Ce 8 mai 2026 marque le 81ᵉ anniversaire des tragiques événements de Sétif, Guelma et Kherrata. Alors que l’Algérie honore la mémoire des milliers de victimes de la répression coloniale, la France a choisi ce jour symbolique pour tenter de détendre ses relations avec Alger.
La ministre déléguée aux Armées et aux Anciens Combattants, Alice Rufo, s’est rendue sur place à la demande d’Emmanuel Macron. Elle a participé aux cérémonies officielles aux côtés du ministre algérien des Moudjahidine, Abdelmalek Tacherift, et a déposé une gerbe de fleurs en hommage aux victimes. Un geste fort qui vise à reconnaître la douleur historique de ces événements.
Dans la foulée, l’Élysée a annoncé le retour à Alger de l’ambassadeur de France, Stéphane Romatet. Rappelé à Paris depuis avril 2025 en pleine crise diplomatique, sa réinstallation marque une volonté claire de rétablir le dialogue entre les deux capitales.
Des relations sous tension
Les relations franco-algériennes restent fragiles depuis plusieurs mois. Rappel d’ambassadeur, contentieux mémoriels, questions migratoires et restrictions de visas ont fortement refroidi la coopération bilatérale.
Pour de nombreux observateurs, ces initiatives interviennent dans la dernière ligne droite du mandat d’Emmanuel Macron. Elles s’inscrivent dans une stratégie d’apaisement mémoriel que le président français tente de porter depuis 2017, avec un succès mitigé jusqu’ici.
En Algérie, le 8 mai reste une date chargée d’émotion nationale. Les manifestations indépendantistes de 1945, violemment réprimées, sont considérées comme l’un des éléments déclencheurs de la guerre de Libération. Les estimations du nombre de victimes varient entre 15 000 et 45 000 selon les historiens.
Un signal fort, mais des résultats attendus
Ces deux gestes concrets – la présence ministérielle française à Sétif et le retour de l’ambassadeur – interviennent après une longue période de tensions. Ils s’accompagnent de discussions sur la relance de la coopération consulaire et d’autres dossiers bilatéraux.
Du côté algérien, on accueille ces démarches avec prudence tout en insistant sur la nécessité d’une reconnaissance historique claire et du respect mutuel.
Reste à savoir si ces symboles permettront de relancer une véritable dynamique de coopération sur les plans économique, sécuritaire et migratoire. Le chemin est encore long, mais le message envoyé ce 8 mai est sans ambiguïté : Paris cherche à tourner la page des crispations.






































