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L’Algérie met en vente le prestigieux hôtel « El Palace » de Barcelone pour près de 100 millions d’euros

L’État algérien a décidé de céder l’un des établissements les plus emblématiques de la capitale catalane. Selon la presse espagnole, le prestigieux hôtel El Palace, joyau du patrimoine hôtelier barcelonais, est désormais sur le marché pour une valeur avoisinant les 100 millions d’euros.

Propriété du Fonds national d’investissement (FNI) depuis août 2025, cet établissement cinq étoiles situé en plein centre-ville de Barcelone fait l’objet d’une mise en vente active, comme l’a révélé ce jeudi le quotidien El Confidencial. Ce revirement intervient quelques mois seulement après l’acquisition officielle du bien par Alger, dans le cadre d’une opération de récupération d’actifs.

Un hôtel chargé d’histoire au cœur de Barcelone

Inauguré en 1919 sous le nom de Ritz, l’El Palace Barcelona occupe un bâtiment emblématique de style néoclassique sur la Gran Via de les Corts Catalanes, à deux pas du Passeig de Gràcia et des Ramblas. Avec ses 120 chambres et suites luxueuses, ses salons raffinés et son toit-terrasse offrant une vue imprenable sur la ville, il incarne depuis plus d’un siècle le summum de l’élégance méditerranéenne.

Classé parmi les hôtels les plus anciens et les plus prestigieux de Barcelone, l’établissement a longtemps attiré une clientèle internationale haut de gamme. Ses tarifs, qui peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros par nuit pour les suites les plus exclusives, reflètent son positionnement dans le segment du luxe absolu.

Une acquisition liée à la récupération des biens mal acquis

Le parcours récent de l’El Palace est étroitement lié à l’ancien homme d’affaires algérien Ali Haddad. Ce dernier avait acquis l’hôtel en 2011 pour environ 80 millions d’euros via sa société. Condamné en Algérie pour des affaires de corruption et de détournement de fonds publics, Haddad a vu l’établissement passer sous contrôle algérien en août 2025 par le biais d’une dation en paiement.

Le FNI, bras financier de l’État directement rattaché à la présidence du gouvernement, est ainsi devenu propriétaire plein et entier du bâtiment. Cette opération s’inscrit dans la stratégie plus large de récupération des actifs acquis illégalement à l’étranger, une priorité affichée par les autorités algériennes depuis plusieurs années.

Initialement, des sources espagnoles avaient évoqué un projet de gestion à long terme par l’Algérie, avec une exploitation prévue sur une trentaine d’années et des garanties données au personnel local pour le maintien des emplois. Mais la donne a visiblement changé au printemps 2026.

Une vente qui pourrait rapporter gros à l’Algérie

La mise en vente intervient dans un contexte économique où Alger cherche à optimiser ses avoirs à l’étranger tout en générant des recettes budgétaires. Selon les informations publiées par la presse espagnole, les autorités algériennes prospectent activement des acquéreurs potentiels, avec un prix cible fixé autour de 100 millions d’euros.

Cette transaction, si elle se concrétise, viendrait illustrer la volonté de l’État de transformer des biens récupérés en ressources financières concrètes. Elle intervient par ailleurs dans un marché hôtelier barcelonais dynamique, porté par la reprise du tourisme international et l’intérêt croissant des fonds d’investissement pour les établissements de luxe historiques.

Pour l’heure, aucune offre concrète n’a été officiellement annoncée. Les négociations restent discrètes, mais la présence du FNI sur le registre foncier de Barcelone confirme sans ambiguïté le statut de propriétaire de l’État algérien.

L’El Palace de Barcelone n’est pas seulement un hôtel : c’est un symbole. Symbole d’un patrimoine architectural exceptionnel, mais aussi, pour l’Algérie, d’une page importante de sa politique de recouvrement des biens à l’étranger. La suite des événements sera suivie de près par les observateurs des deux rives de la Méditerranée.