Le pape Léon XIV a posé aujourd’hui ses pas sur les traces de saint Augustin à Annaba. Cette étape marque un moment particulièrement chargé d’émotion et de symbolisme lors de sa visite historique en Algérie, première d’un souverain pontife sur le sol algérien.
Un retour aux sources augustiniennes
Ancienne Hippone, Annaba fut le siège épiscopal de saint Augustin de 395 à 430. C’est là que le grand docteur de l’Église a rédigé une grande partie de son œuvre majeure, dont *Les Confessions* et *La Cité de Dieu*. Pour Léon XIV, membre de l’ordre des Augustins, cette visite représente bien plus qu’un simple déplacement : elle constitue un véritable pèlerinage spirituel vers les racines nord-africaines du christianisme.
Dès son arrivée à l’aéroport international Rabah Bitat, le Pape s’est rendu sur le site archéologique d’Hippone. Sous une légère pluie, il a parcouru les vestiges romains – théâtre, thermes et forum – qui témoignent de la grandeur de cette cité antique. Dans un geste fort, il a planté et arrosé un olivier, symbole de paix et de renaissance, au cœur des ruines. Ce geste simple mais évocateur rappelle l’attachement du Pape à la terre où saint Augustin a exercé son ministère.
Une messe à la basilique Saint-Augustin
L’après-midi, Léon XIV a présidé une messe solennelle dans la basilique Saint-Augustin, édifice imposant construit à la fin du XIXe siècle sur une colline dominant la Méditerranée. La basilique abrite une relique du bras droit du saint, ce qui confère à l’événement une dimension encore plus intime pour les fidèles.
Devant une assemblée mêlant la petite communauté catholique algérienne, des religieux augustins et de nombreux invités, le Pape a appelé à « renaître d’en haut », reprenant les paroles évangéliques chères à saint Augustin. Son homélie a insisté sur le dialogue, la fraternité et la paix dans une région marquée par les défis géopolitiques et les tensions au Sahel.
Un message de fraternité dans un pays à majorité musulmane
Cette étape d’Annaba s’inscrit dans la continuité de la première journée passée à Alger. Le Pape y avait rencontré les autorités, la société civile et le corps diplomatique, tout en visitant la Grande Mosquée d’Alger et en s’adressant à la communauté catholique à la basilique Notre-Dame d’Afrique.
À Annaba, il a également rendu visite à une maison d’accueil pour personnes âgées démunies, gérée par des religieuses catholiques et accueillant majoritairement des musulmans. Ce geste concret illustre l’engagement de l’Église locale dans le service désintéressé, au-delà des appartenances religieuses.
Pour l’Algérie, terre d’islam et d’hospitalité, cette visite revêt une importance particulière. Elle met en lumière l’héritage universel de saint Augustin, figure berbère et africaine revendiquée par le pays comme un symbole d’intelligence et d’ouverture. Le Pape, en foulant pour la première fois le sol algérien, renforce ainsi les ponts entre les deux rives de la Méditerranée.
Un voyage qui dépasse les frontières confessionnelles
En choisissant Annaba comme étape clé de son troisième voyage apostolique en Afrique, Léon XIV rappelle que le christianisme nord-africain n’est pas une parenthèse oubliée, mais une source vive qui continue d’inspirer. Saint Augustin, né à Thagaste (Souk Ahras) et évêque d’Hippone, incarne ce lien profond entre l’Afrique, l’Europe et l’universalité du message évangélique.
Cette journée à Annaba restera gravée comme un moment de rencontre authentique entre mémoire historique, foi vivante et volonté de dialogue. Dans un monde en quête de repères, le Pape a une nouvelle fois placé la paix, la charité et le respect mutuel au centre de son message.
L’étape algérienne du Pape Léon XIV se poursuit encore quelques heures avant qu’il ne poursuive sa tournée africaine vers le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale. Mais à Annaba, aujourd’hui, l’histoire et la spiritualité se sont rejointes avec une intensité rare.







































