Accueil POLITIQUE Sahara Occidental : Négociations directes à Madrid sous médiation américaine entre l’Algérie,...

Sahara Occidental : Négociations directes à Madrid sous médiation américaine entre l’Algérie, le Maroc et le Polisario

Madrid a accueilli, ce dimanche 8 février 2026, une réunion inédite et hautement confidentielle sur l’avenir du Sahara Occidental. Organisée dans les locaux de l’ambassade des États-Unis en Espagne, cette session a réuni les ministres des Affaires étrangères du Maroc, de l’Algérie et de la Mauritanie, ainsi qu’un représentant du Front Polisario.

Cette rencontre marque la deuxième étape d’un processus lancé fin janvier à Washington par l’administration Trump. Le conseiller spécial de Donald Trump pour l’Afrique, Massad Boulos, en est le principal artisan. Selon plusieurs sources diplomatiques, le président américain considère le règlement de ce conflit comme une « priorité absolue » pour les États-Unis.

Le cadre des discussions repose sur la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en octobre 2025, qui présente la proposition marocaine d’autonomie comme « la seule base sérieuse et crédible » d’une solution politique. Washington a néanmoins exigé de Rabat une version profondément remaniée de son plan d’autonomie : un document de près de 40 pages, contre seulement trois dans la version initiale de 2007.

De leur côté, l’Algérie et le Front Polisario réaffirment leur attachement à l’application stricte de l’accord de 1991, qui prévoit l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui. Alger, qui participe pour la première fois à ce niveau en tant qu’acteur direct, maintient que toute solution doit respecter le droit international et les résolutions onusiennes antérieures reconnaissant le Sahara Occidental comme territoire non autonome.

L’information, initialement destinée à rester secrète, a été révélée par la presse espagnole, notamment El Confidencial. La présence de hauts responsables américains, dont l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, Michael Waltz, souligne l’engagement direct de Washington dans ce dossier longtemps bloqué.

Cette dynamique intervient dans un contexte régional tendu. Le Sahara Occidental, riche en phosphates et en ressources halieutiques, reste au cœur d’un différend qui oppose depuis près de cinquante ans le Maroc au mouvement indépendantiste sahraoui, soutenu par Alger. La reprise des pourparlers, même sous forte pression américaine, montre que le dossier est entré dans une phase nouvelle, plus discrète et plus stratégique.

Les positions restent toutefois profondément divergentes. Tandis que Rabat mise sur son plan d’autonomie élargi pour obtenir une reconnaissance internationale définitive, Alger et le Polisario insistent sur le respect du principe d’autodétermination, pilier historique de la position algérienne.

La réunion de Madrid s’inscrit dans une séquence diplomatique accélérée par les États-Unis, qui cherchent à imprimer leur marque sur ce conflit emblématique du Maghreb. Les prochains développements, attendus dans les semaines à venir, diront si cette initiative permettra réellement de débloquer un dossier figé depuis des décennies.