Le parquet de la Cour d’Alger a requis des peines sévères dans le cadre du vaste scandale de corruption qui ébranle le groupe public IMETAL, géant des industries minières, sidérurgiques et métallurgiques en Algérie. Des réquisitions allant jusqu’à dix ans de prison ferme ont été prononcées contre plusieurs cadres supérieurs, accompagnées de la confiscation des biens saisis et d’amendes substantielles pour les personnes morales impliquées.
Cette affaire, qui met en lumière des dysfonctionnements au sein du complexe sidérurgique d’El Hadjar à Annaba et de filiales comme l’Entreprise nationale de récupération et de valorisation, porte sur des pratiques illégales liées à l’octroi d’avantages indus dans des marchés publics. Les accusations principales visent le blanchiment d’argent via une organisation criminelle, l’abus de fonction et le détournement intentionnel de deniers publics.
Selon les détails du réquisitoire, le procureur a demandé 10 ans de prison ferme contre L.A., PDG du groupe Sider, considéré comme l’un des principaux acteurs du dossier. M. Mohamed Chérif, directeur général adjoint chargé de l’administration du complexe sidérurgique d’El Hadjar, encourt 8 ans de réclusion. D’autres hauts responsables, dont A. Aârab (directeur d’exploitation à l’Entreprise nationale de récupération), F. Kamel, K. Fouad, B. Chouaïb, B. Khaled, B. Sadek et O. Kamel, font face à des peines comprises entre 5 et 8 ans de prison ferme.
Le parquet a par ailleurs réclamé une amende de 8 millions de dinars contre les entreprises poursuivies en tant que personnes morales, ainsi que la confiscation totale des biens saisis au cours de l’enquête.
Un dossier aux ramifications multiples dans la sidérurgie algérienne
Le scandale Imetal n’est pas une première dans le secteur public industriel algérien. Il s’inscrit dans une série d’affaires de corruption qui ont déjà abouti, en décembre dernier, à des condamnations par le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed. À l’époque, des peines allant jusqu’à 15 ans de prison ferme avaient été prononcées, avec confiscation des biens et amendes variant entre 200 000 et 1 million de dinars.
Certains prévenus restent en fuite. C’est le cas de Belarbi Anis, ancien PDG de l’Entreprise nationale de récupération, condamné par contumace à 15 ans, et de Chegraoui Ahmed Amine, visé par un mandat d’arrêt international. Deux autres accusés, Fartas Mohamed (directeur des finances et de la comptabilité au complexe d’El Hadjar) et Chenouf Mohamed Sabri (chef du service exploitation de l’unité de laminage à chaud), ont été acquittés lors des précédentes audiences.
L’affaire porte essentiellement sur des contrats conclus en violation des règles des marchés publics, permettant à des opérateurs privés de bénéficier d’avantages illégitimes au détriment du Trésor public. Ces pratiques auraient touché directement le complexe d’El Hadjar, pilier historique de la sidérurgie nationale, et l’Entreprise nationale de récupération et de valorisation des métaux.
Verdict attendu le 5 mai
Le tribunal de la Cour d’Alger rendra son verdict définitif le 5 mai prochain. Cette décision sera particulièrement attendue par les observateurs du secteur industriel et par l’opinion publique, dans un contexte où les autorités algériennes affichent une volonté ferme de lutter contre la corruption au sein des entreprises publiques.
Ce réquisitoire intervient quelques semaines seulement après d’autres développements dans des dossiers connexes liés au même secteur, soulignant l’ampleur des investigations menées par la justice algérienne sur la gouvernance des grands groupes étatiques.
L’affaire continue de faire couler beaucoup d’encre, car elle touche au cœur de l’appareil productif national. Le groupe IMETAL, qui regroupe plusieurs unités stratégiques, joue un rôle clé dans l’économie algérienne, notamment dans la production d’acier et la valorisation des ressources minières.
Les prochaines semaines diront si les réquisitions du parquet seront suivies par le tribunal. En attendant, ce scandale renforce les appels à une plus grande transparence et à une meilleure gouvernance dans les entreprises publiques du pays.







































