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Un réseau de faussaires démantelé à Baraki : 109 millions de centimes en faux billets saisis dans un bureau d’architecte

À Baraki, dans la banlieue d’Alger, les services de la Sûreté nationale ont mis fin à une opération de contrefaçon d’une ampleur rare. Un réseau a été neutralisé avant de pouvoir inonder le marché avec des faux billets de 2000 dinars, pour un montant total estimé à 109 millions de centimes. Le tribunal criminel de Dar El Beïda a rendu son verdict ce mercredi 13 mai 2026.

L’affaire a débuté suite à des renseignements faisant état d’activités suspectes dans la commune. Les enquêteurs ont rapidement identifié les suspects et mis en place une surveillance discrète. Le 24 juillet 2025, un premier individu a été interpellé en flagrant délit : il transportait des liasses de faux billets dans un simple sac plastique. Les coupures présentaient des défauts visibles à l’examen, confirmant leur caractère contrefait.

Une seconde arrestation a suivi peu après, dans un véhicule. Les perquisitions menées aux domiciles et lieux fréquentés par les suspects ont permis de saisir une quantité importante de fausse monnaie (billets de 2000 et 1000 dinars), ainsi qu’un véritable atelier de fabrication : imprimantes performantes, encres spéciales, papiers adaptés, bandes de sécurité, machines de découpe et même une plastifieuse thermique.

Le stratagème le plus surprenant : l’utilisation d’un bureau d’architecte comme cachette

Ce qui rend cette affaire particulièrement étonnante, c’est le choix du lieu. Les faussaires utilisaient un bureau d’architecte ordinaire comme atelier clandestin, l’occupant à des moments choisis pour éviter d’éveiller les soupçons. Sur place, les policiers ont découvert du matériel informatique dédié à la reproduction des billets. Le propriétaire des lieux a été présenté comme le troisième prévenu : il a affirmé avoir simplement mis le local à disposition sans connaître les activités qui s’y déroulaient. Le tribunal l’a acquitté, estimant les preuves insuffisantes à son encontre.

L’un des principaux accusés a reconnu durant l’instruction avoir appris les techniques de falsification via des tutoriels sur YouTube. Il aurait procédé par essais successifs avec une imprimante classique avant d’obtenir des résultats jugés convaincants. Les faux billets étaient destinés à être écoulés à un prix inférieur à leur valeur faciale pour faciliter leur circulation.

Au final, les deux principaux suspects ont été condamnés à sept ans de prison ferme pour constitution d’association de malfaiteurs et falsification de monnaie ayant cours légal. Ils ont toutefois tenté de revenir sur leurs déclarations initiales lors du procès.

Cette affaire rappelle la vigilance constante des forces de sécurité face à la contrefaçon, un fléau qui menace l’économie nationale et la confiance dans la monnaie algérienne. Les autorités continuent de sensibiliser la population sur les moyens de détecter les faux billets, notamment via les signes de sécurité intégrés aux coupures authentiques.