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Détroit d’Ormuz : le chef de l’ONU s’alarme de l’étranglement de l’économie mondiale

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a lancé un cri d’alarme clair et urgent face aux restrictions imposées à la navigation dans le détroit d’Ormuz. Ce corridor maritime stratégique, situé entre l’Iran et Oman, est aujourd’hui au cœur d’une crise qui menace directement les flux mondiaux d’énergie et de matières premières essentielles.

« Je suis très inquiet concernant la restriction des droits et libertés de navigation dans la zone du détroit d’Ormuz, qui entrave la distribution du pétrole, du gaz, des engrais et d’autres matières premières critiques (…), et étrangle l’économie mondiale », a déclaré Antonio Guterres devant la presse, lors d’un débat de haut niveau au Conseil de sécurité consacré à la sécurité maritime.

Le détroit d’Ormuz, long d’une trentaine de kilomètres à son point le plus étroit, constitue l’un des points de passage les plus vitaux de la planète. Il relie le golfe Persique au golfe d’Oman et à l’océan Indien, servant de principale voie d’exportation pour les hydrocarbures des pays du Golfe : Arabie saoudite, Irak, Émirats arabes unis, Koweït et Qatar. En temps normal, près de 20 à 25 % du pétrole et des produits pétroliers mondiaux y transitent chaque jour, soit environ 20 millions de barils, auxquels s’ajoutent d’importants volumes de gaz naturel liquéfié (GNL) et une part significative des engrais utilisés dans l’agriculture internationale.

Des restrictions qui pèsent sur le commerce mondial

Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues au Moyen-Orient, les libertés de navigation sont aujourd’hui compromises. Exigences de coordination renforcées, itinéraires imposés, rapports faisant état de péages ou de discriminations envers certains navires : le trafic maritime a chuté de manière drastique. Des milliers de marins et des centaines de navires se retrouvent affectés, tandis que les chaînes d’approvisionnement globales subissent de plein fouet ces perturbations.

Les conséquences économiques sont déjà visibles sur les marchés internationaux. Les prix du pétrole et du gaz s’envolent, alimentant l’inflation et augmentant les coûts de transport. Les engrais, indispensables à la production alimentaire, peinent à atteindre les marchés, risquant d’aggraver l’insécurité alimentaire dans les pays en développement d’Asie et d’Afrique, déjà fragilisés par les crises climatiques et les conflits.

Un appel urgent à la réouverture du détroit

Face à cette situation critique, Antonio Guterres a exigé une réaction immédiate et collective. Il a appelé à la réouverture sans délai du détroit, sans péages ni discrimination, dans le strict respect du droit international de la mer. « Ouvrez le détroit. Laissez passer les navires. Pas de péages. Pas de discrimination. Que le commerce reprenne. Laissez l’économie mondiale respirer », a-t-il exhorté.

Le chef de l’ONU insiste sur la nécessité d’un dialogue diplomatique rapide entre toutes les parties concernées pour restaurer la liberté de navigation et éviter un choc économique plus profond. Les experts estiment en effet qu’une paralysie prolongée de ce chokepoint pourrait entraîner une récession mondiale, avec des répercussions sur la croissance en Europe, en Asie et dans les économies émergentes.

L’intervention d’Antonio Guterres rappelle à quel point la sécurité des voies maritimes stratégiques reste un pilier fragile de la mondialisation. L’ONU continue de suivre de près l’évolution de la situation, plaidant pour une désescalade et une coopération internationale afin de protéger à la fois l’économie globale et le bien-être des populations les plus vulnérables.