Depuis le 1er janvier 2026, l’Algérie ouvre une nouvelle page dans la réglementation de l’importation automobile. La loi de finances pour l’année 2026 modifie l’article 202 du Code des douanes et autorise, pour la première fois, l’entrée de véhicules âgés de moins de cinq ans dans le cadre du certificat de changement de résidence (CCR). Cette mesure concerne exclusivement les ressortissants algériens résidant à l’étranger qui rentrent définitivement au pays. Elle met fin à l’obligation stricte de ramener uniquement des voitures neuves et offre une franchise totale de droits et taxes douaniers, sous réserve de respecter trois conditions précises.
Jusqu’ici réservée aux véhicules neufs ou, pour les résidents en Algérie, aux occasions de moins de trois ans, cette évolution répond aux attentes de la diaspora algérienne. Elle s’inscrit dans une volonté de faciliter le retour définitif tout en maintenant un cadre réglementaire strict.
Les trois conditions cumulatives pour bénéficier de la mesure
Pour importer un véhicule de moins de cinq ans en franchise, le futur importateur doit remplir simultanément les trois critères suivants, fixés par la loi :
1. Être un ressortissant algérien immatriculé auprès des représentations diplomatiques ou consulaires dans le pays de résidence à l’étranger. La carte consulaire constitue la preuve officielle de cette inscription.
2. Justifier d’un séjour ininterrompu d’au moins trois années complètes à l’étranger, calculées à partir de la date officielle du changement de résidence, et présenter un retour définitif sur le territoire national. Le certificat de changement de résidence (CCR) délivré par le consulat est indispensable.
3. N’avoir jamais bénéficié auparavant des avantages liés au changement de résidence. Toute utilisation antérieure du CCR annule automatiquement le droit à cette franchise.
Ces conditions sont cumulatives : le non-respect d’une seule d’entre elles entraîne le refus de la franchise et le passage au régime général d’importation avec paiement des droits et taxes.
Quels véhicules sont concernés ?
Le texte précise que le véhicule doit être à « l’état neuf ou de moins de cinq ans d’âge à la date de son introduction sur le territoire douanier algérien ». Le calcul se fait au jour près, entre la date de première mise en circulation et l’arrivée en douane.
Seules certaines motorisations sont admises :
- Véhicules électriques
- Essence
- Hybrides (essence-électrique)
Les modèles diesel restent exclus dans ce cadre. Pour les voitures de tourisme, la cylindrée ne doit pas dépasser 1 800 cm³. Les véhicules utilitaires doivent respecter un poids total en charge limité, tandis que les deux-roues motorisés soumis à immatriculation sont également éligibles sous conditions.
Le véhicule doit être en bon état de marche et destiné à un usage personnel ou familial. Il s’ajoute au mobilier domestique importé dans le même cadre.
Procédures et recommandations pratiques
Les bénéficiaires doivent déposer leur demande de CCR auprès du consulat compétent avant le retour. Une fois le certificat obtenu, le véhicule est déclaré en douane à l’arrivée en Algérie, accompagné des documents exigés (facture, certificat de conformité, carte grise étrangère, etc.).
Les autorités douanières soulignent que cette facilité ne s’applique pas aux résidents ordinaires en Algérie. Pour ces derniers, l’importation de véhicules d’occasion reste limitée à trois ans d’âge maximum, une fois tous les trois ans, et financée par leurs propres devises.
Cette nouvelle disposition de la loi de finances 2026 devrait faciliter le retour de nombreux Algériens de l’étranger en leur permettant de rapatrier un véhicule récent sans surcoût fiscal majeur, tout en préservant les équilibres économiques et environnementaux fixés par le législateur. Les services consulaires et douaniers sont mobilisés pour accompagner les dossiers dans les meilleurs délais.







































