Accueil ALGÉRIE La renaissance du lien ferroviaire algéro-tunisien : trois rotations hebdomadaires

La renaissance du lien ferroviaire algéro-tunisien : trois rotations hebdomadaires

Dans un contexte de rapprochement accru entre l’Algérie et la Tunisie, la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) a officialisé les détails opérationnels de la liaison ferroviaire internationale reliant les deux pays voisins. Cette annonce concrétise une offre de transport terrestre fiable, économique et régulière, susceptible de faciliter les échanges humains, économiques et touristiques entre les deux rives de la frontière.

Selon un communiqué de l’entreprise publique, le train international circule désormais selon un rythme précis de trois allers et trois retours par semaine. Au départ d’Annaba, les départs sont programmés les dimanches, mardis et jeudis à 9 h 00. Le convoi dessert successivement Souk Ahras avant de franchir la frontière, puis les gares tunisiennes de Ghardimaou, Jendouba et Béja, pour atteindre Tunis vers 18 h 27. Le trajet offre ainsi une traversée confortable d’environ neuf heures et demie à travers des régions aux paysages contrastés.

Dans le sens inverse, le train quitte la gare de Tunis les lundis, mercredis et vendredis à 8 h 25, avec une arrivée prévue à Annaba aux alentours de 18 h 20. Les formalités douanières et de police s’effectuent directement en gare : à Souk Ahras du côté algérien et à Ghardimaou du côté tunisien, une disposition qui simplifie le parcours pour les voyageurs et réduit les temps d’attente aux postes-frontières routiers traditionnels.

Les billets sont en vente dans un réseau élargi de gares algériennes : Annaba et Souk Ahras bien sûr, mais aussi Alger, Oran, Constantine, Sétif et El Eulma. Cette accessibilité élargie devrait permettre à de nombreux Algériens, qu’ils résident dans l’Est ou dans d’autres régions du pays, de planifier leur voyage sans difficulté excessive.

Des tarifs accessibles et des mesures familiales

La SNTF a fixé des prix compétitifs qui positionnent le train comme une alternative attractive à la route ou à l’avion pour ce trajet. En aller simple, un billet en première classe coûte 1 900 dinars algériens, tandis que la deuxième classe est proposée à 1 640 dinars. Pour les voyageurs organisant un aller-retour, les tarifs s’établissent respectivement à 3 485 dinars en première classe et 3 040 dinars en deuxième classe.

Les familles sont particulièrement choyées : les enfants de moins de 4 ans voyagent gratuitement, et ceux âgés de 4 à 12 ans bénéficient d’une réduction de 50 %. Par ailleurs, l’entreprise rappelle l’existence d’une réduction générale de 20 % sur les billets aller-retour pour les distances supérieures à 400 km, avec une validité étendue de deux mois. Ces mesures visent à encourager l’usage régulier du rail et à alléger la charge financière des usagers.

Un symbole de coopération régionale

La reprise et la structuration de cette liaison ferroviaire interviennent à un moment où les autorités des deux pays multiplient les initiatives pour fluidifier les échanges. Au-delà du simple transport de passagers, ce train pourrait contribuer à dynamiser le tourisme transfrontalier, favoriser les visites familiales et soutenir les flux commerciaux légers entre les deux économies complémentaires.

Pour les voyageurs, l’offre combine plusieurs avantages : un itinéraire direct évitant les aléas de la route, des horaires stables, des tarifs maîtrisés et un cadre plus confortable que le bus pour une journée de voyage.

Les autorités ferroviaires invitent les intéressés à se renseigner auprès des gares concernées ou sur les canaux officiels de la SNTF pour toute mise à jour ou réservation.

Cette nouvelle desserte s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du réseau ferroviaire algérien, où la SNTF cherche à repositionner le train comme mode de transport de référence pour les déplacements moyen et long-courriers. Avec cette liaison internationale régulière, Annaba et Tunis se rapprochent un peu plus, rappelant que les liens entre les deux peuples dépassent souvent les lignes tracées sur les cartes.