Accueil ALGÉRIE 10 ans de prison requis contre l’ex-ministre Abdelwahid Temmar

10 ans de prison requis contre l’ex-ministre Abdelwahid Temmar

Le parquet près le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed a requis, ce mardi, une peine de 10 ans de prison ferme assortie d’une amende de 8 millions de dinars contre l’ancien ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Abdelwahid Temmar. Le ministère public a également demandé la confiscation de l’ensemble des biens saisis dans ce dossier.

Poursuivi notamment pour blanchiment d’argent et abus de fonction dans le cadre d’activités criminelles, l’ex-ministre est au cœur d’une affaire impliquant des soupçons de comptes bancaires dissimulés à l’étranger, particulièrement en Espagne. Selon les éléments avancés par l’accusation, ces faits s’inscriraient dans une violation de la loi sur la prévention et la lutte contre la corruption.

À la barre, Abdelwahid Temmar a vigoureusement contesté l’ensemble des accusations. L’ancien responsable, âgé de 61 ans, a affirmé que les commissions rogatoires internationales n’avaient rien révélé d’anormal. Il a rappelé avoir déjà bénéficié d’un non-lieu en 2022 dans une affaire d’enrichissement illicite. L’ex-ministre a expliqué ses déplacements en Espagne par des motifs strictement familiaux, indiquant qu’il s’y rendait pour soutenir son fils confronté à des difficultés psychologiques après sa propre incarcération. Il a nié détenir tout compte bancaire dans ce pays ou avoir signé une procuration à cet effet, plaidant pour un acquittement pur et simple.

De son côté, l’agent judiciaire du Trésor, constitué partie civile, a réclamé 200 millions de dinars de dommages et intérêts, estimant que les faits reprochés ont causé un préjudice significatif aux finances publiques.

Un profil marqué par plusieurs affaires judiciaires

Abdelwahid Temmar, architecte de formation spécialisé en urbanisme, a occupé plusieurs postes clés dans l’administration avant d’accéder au gouvernement. Wali de Mostaganem entre 2015 et 2017, il a été nommé ministre de l’Habitat en août 2017 dans le gouvernement d’Ahmed Ouyahia, avant d’assurer par intérim le ministère des Travaux publics et des Transports en mars 2019.

Depuis 2020, il purge plusieurs condamnations dans des affaires liées à sa période en tant que wali et ministre, notamment pour octroi irrégulier de foncier, abus de fonction et falsification de documents. Cette nouvelle audience intervient quelques mois avant la fin d’une peine antérieure, illustrant la persistance des poursuites judiciaires contre d’anciens hauts responsables.

Le jugement dans cette affaire de blanchiment est attendu dans les prochains jours. Il s’inscrit dans le cadre plus large de la lutte contre la corruption engagée par les autorités algériennes ces dernières années.