Dans de nombreux établissements de santé publics en Algérie, des appareils d’imagerie médicale essentiels, comme les scanners ou les équipements de radiologie, restent fréquemment immobilisés. Ces interruptions, souvent prolongées, affectent la capacité des médecins à poser des diagnostics rapides et précis, et soulignent un défi structurel récurrent dans le secteur hospitalier.
Le ministère de la Santé a récemment détaillé, en réponse à une question parlementaire, les contours d’un plan d’action visant à remédier à ces dysfonctionnements. Le ministre Mohamed Seddik Aït Messaoudène a insisté sur le fait que la qualité initiale des équipements n’est pas en cause, mais plutôt les mécanismes de leur entretien et de leur suivi opérationnel.
Selon les explications fournies, plusieurs facteurs contribuent à ce que le ministère qualifie de cercle vicieux. Les retards dans la signature ou le renouvellement des contrats de maintenance avec les fournisseurs et leurs représentants locaux figurent parmi les principaux obstacles. S’y ajoutent les procédures administratives qui allongent considérablement les délais d’acquisition des pièces de rechange, parfois indispensables pour remettre en service des machines de haute technologie.
Le ministre a également évoqué des lacunes dans la mise en œuvre de la maintenance préventive au sein de certains hôpitaux. Celles-ci seraient liées à un encadrement technique insuffisant et à un manque de formation continue du personnel chargé de manipuler et d’entretenir ces équipements sophistiqués. Ces éléments, combinés, entraînent une immobilisation prolongée de matériel souvent coûteux et stratégique pour la prise en charge des patients.
Face à cette situation, les autorités sanitaires ont annoncé plusieurs mesures concrètes. Des directives ont été émises pour accélérer les procédures contractuelles et renforcer les protocoles de révision périodique. L’objectif affiché est de détecter les signes avant-coureurs de pannes avant qu’elles ne paralysent totalement les appareils.
Une attention particulière est portée à la fluidification de l’approvisionnement en pièces détachées. Une coordination intersectorielle a été engagée et un nouveau cadre réglementaire est en préparation pour faciliter l’importation de composants essentiels, tout en maintenant les exigences de traçabilité et de conformité.
Sur le plan de la modernisation, le ministère a mis en service depuis février une plateforme numérique centralisée. Cet outil permet aux établissements de déclarer les incidents en temps réel, de suivre l’avancement des interventions de maintenance et d’optimiser la gestion globale du parc d’équipements. Des recensements réguliers du matériel sont également prévus afin d’identifier les pannes récurrentes et d’apporter des solutions structurelles.
Par ailleurs, des projets de statuts spécifiques pour les ingénieurs et techniciens biomédicaux sont à l’étude. Ils visent à mieux valoriser ces compétences critiques et à renforcer les équipes techniques au sein des structures publiques.
Ces initiatives interviennent dans un contexte où le bon fonctionnement des équipements lourds est présenté comme une priorité sectorielle, directement liée à la qualité globale des soins dispensés aux citoyens. Leur mise en œuvre effective sera observée avec attention par les professionnels de santé et les usagers du système hospitalier public, qui attendent des améliorations tangibles dans la disponibilité des outils de diagnostic et de traitement.







































